Logement au Yémen… ou mirage au milieu du désert

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Du mirage à la réalité :
un passage douloureux

Un logement décent et sécurisé au Yémen ? Mais vous hallucinez ! Il faudrait commencer par trouver une solution aux problèmes de l’instabilité politique, de la corruption et de la pauvreté qui sévissent dans ce pays ! Une mission qui semble relever de l’impossible…

Imaginez-vous donc un pays où les logements sont un trophée de guerre ! La polémique sur l’appartement du dirigeant du Sud et ex-vice-président Ali Salim al-Beidh, par exemple, fait toujours rage. Les Yéménites du Sud accusent les fils du chef tribal du Nord, le feu Cheikh Abdullah bin Hussein Al-Ahmar, de s’être emparés de l’appartement d’al-Beidh suite à la victoire des forces du Nord lors de la guerre civile de l’été 1994, alors que les fils d’Al-Ahmar, eux, affirment l’avoir acheté à l’État.

Et ce n’est pas cet État, rongé par la corruption, qui arrangera les choses ! Car les hommes au pouvoir disposent des propriétés étatiques comme bon leur semble. Ils les volent au vu et au su de tous et les utilisent même pour l’achat de patrimoine. La situation est telle que les terrains et les villes résidentielles déclarées par le gouvernement s’avèrent toutes être soit fictives, soit réservées à de fidèles membres de leurs partis et de leurs tribus. Si bien que le serment de réserver 45 000 lopins de terrain aux jeunes a été accueilli par les railleries d’un peuple habitué aux promesses de monts et merveilles des responsables, des chefs de partis et des candidats aux élections. D’ailleurs, le locuteur beau parleur, le gouverneur de la province d’Aden en l’occurrence, a, comme par hasard, fait entendre sa voix au moment même où le président consensuel et ses adjoints font des mains et des pieds pour que les mouvements séparatistes du Sud participent au dialogue national.

Les chefs séparatistes ont par ailleurs profité de l’indignation suscitée par le pillage de terrains à Aden et par la construction de villas et de palais par des hommes influents du Nord pour enflammer le Sud contre le régime de Sanaa.

En fait, les soucis et problèmes des jeunes, tels que le logement, le travail et le mariage, ont toujours été de simples cartes entre les mains des différentes forces politiques et des gouvernements successifs. Rien que des « parole, parole » pour parvenir à leurs fins… Après 33 ans de règne, l’ex-président Ali Abdallah Saleh a battu le record des promesses pour n’en tenir qu’une seule : la création de 60 000 emplois pour les diplômés. Et encore, une promesse tenue par pur hasard ! Saleh l’avait faite dans une tentative désespérée de contenir le mouvement de contestation désirant le renverser et elle n’a été concrétisée que par un gouvernement qui, constitué après la démission  du président, suivait lui aussi ses propres intérêts.

La pauvreté et le chômage galopants et l’étendue de la corruption font du logement l’un des problèmes les plus graves auxquels sont confrontés les jeunes. Il les hante dès leur arrivée en ville pour leurs études universitaires jusqu’à leur entrée sur le marché du travail et leur lutte pour fonder une famille. Aref et Afaf, jeune couple nouvellement marié, a dû se résoudre à vivre dans la petite chambre d’une maison se trouvant au département de Dar Saad, à Aden. La propriétaire paralysée a accepté de les héberger à condition que Afaf l’assiste.

Le Yémen compte parmi les pays les plus pauvres du Moyen-Orient, alors que sa croissance démographique est des plus élevées au monde. Du pareil au même dans la capitale et dans les villes : rares sont les familles qui acceptent de vivre dans des immeubles, ce qui fait de la construction horizontale la règle générale. Et c’est le modèle de la famille élargie vivant dans un même appartement qui prime, alors que la famille nucléaire se fait encore rare. Les célibataires, eux, peuvent toujours rêver d’avoir leur propre appartement !

Un logement  décent et sécurisé au Yémen… Peut-être bien… Un jour… Mais sûrement pas de sitôt en tout cas !

علي سالم،  » السكن والديموقراطية وجها المعضلة اليمنية »، في جريدة الحياة، ١٢ نوفمبر ٢٠١٢، http://alhayat.com/Details/451888

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About Joséphine Canaan

« DE L’ORDRE, DE L’ORDRE », nous dit-on ! Mais à quoi bon ? Moi, je me plais bien dans mon désordre ordonné. Une information par ci, une information par là... Dans ma tête, tout cohabite, s’entremêle, s’enlace : l’économie, la littérature, la physique, le droit… tout fusionne, pétille et s’embrase à l’exemple des anges et démons de ma vie qui dansent ensemble à un rythme effréné. Mes idées se plaisent tellement dans ce désordre qu’elles accourent à moi quand j’en ai besoin. Elles me sont bien reconnaissantes de leur avoir accordé une telle marge de liberté ! Une liberté sans prix… C’est d’ailleurs exactement pour cela que j’ai choisi la traduction : pour ne pas avoir à choisir !

One comment on “Logement au Yémen… ou mirage au milieu du désert

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