About Mélissa Mouzannar

Ce qui me passionne dans le monde de la traduction c’est que j’apprends quelque chose de nouveau tous les jours. J’ai la chance d’exercer un métier qui m’ouvre sur le monde et qui correspond à mon tempérament de « globetrotteuse ».

Quatre conseils pour un début heureux en Chine

Une fois arrivée en Chine, il était inévitable de ne pas vivre le choc culturel. Pour vaincre ce choc, je devais commencer à me fondre dans la culture, à comprendre comment les Chinois arrivent à concilier entre la modernité et les traditions et à ne plus m’étonner devant certaines pratiques de la vie courante. J’ai tiré de cette merveilleuse expérience des leçons que je partage avec vous sous forme de conseils.

Conseil numéro 1 : Avoir une connaissance de base du chinois et apprendre à décrypter le chinglish

C’est grâce aux notions de base de chinois que j’avais apprises à l’université que j’ai réussi à surmonter le fossé linguistique et culturel qui aurait pu m’empêcher de communiquer avec les Chinois. Car, comme je l’avais déjà mentionné dans mon billet précédent, l’anglais est très mal maîtrisé dans l’ensemble. De plus, il y a une règle très mystérieuse à laquelle le peuple chinois semble obéir qui est que chaque phrase écrite en anglais doit toujours comporter des erreurs. En Chine, la langue de Shakespeare est bel et bien transformée en « chinglish », une langue qui provient d’un mélange de chinois et d’anglais. Je n’ai pas constaté l’ampleur de ce phénomène que lorsque j’ai moi-même repéré les fautes d’orthographe, les traductions incorrectes et la création de nouveaux termes inexistants en anglais.

 

Exemple typique des perles du Chinglish : Comprenez « Beware of slippery floor » et adaptez-vous aux fautes d’orthographe flagrantes… Crédit Image : http://www.dotmailer.com/blog/going-global-theres-no-need-to-be-lost-in-translation-with-dotmailer/#.VXAHa88ipdg

 

Conseil numéro 2 : S’adapter aux différences culturelles

Pour mieux comprendre ce peuple différent et « mystérieux », il suffit de s’adapter à certaines différences culturelles. De manière générale, pour exprimer un refus, un Chinois ne dira jamais «non» et il préfèrera utiliser un moyen détourné comme « je ne suis pas sûr » ou « je vais y réfléchir.» De plus, lorsqu’un Occidental n’est pas satisfait, voire en colère, il l’exprimera clairement. Dans les valeurs traditionnelles chinoises, un Chinois ne manifeste pas son mécontentement et essaie d’endurer sans le montrer. C’est ainsi qu’il évite de perdre la face ou de casser l’ambiance « harmonieuse » qui règne entre lui et son interlocuteur.

Conseil numéro 3 : Respecter les règles établies

Tout se passe très tôt en Chine. Les Chinois attaquent leur journée par un petit déjeuner copieux à 6h, puis déjeunent vers 12h et dînent à 18h. J’ai fini par suivre ce rythme de vie quand on a refusé, un jour, de me servir dans un restaurant après l’heure du déjeuner.

Conseil numéro 4 : Voir le bon côté des choses

 «Cela fait partie de l’expérience», c’est la phrase que nous avons adoptée mes amis et moi et que nous répétions à chaque fois que quelque chose allait mal – comme, par exemple, lorsque le distributeur automatique de billets a avalé ma seule carte bancaire un samedi soir ou lorsque je me suis trompée de ligne de métro et je ne m’en suis rendue compte que lorsqu’il était un peu trop tard…. Grâce à cette phrase, nous nous encouragions mutuellement et nous arrivions à vite oublier nos déboires.

De retour au Liban, j’avais beaucoup d’histoires à raconter. Les histoires des conducteurs de rickshaw (tuk-tuk), les histoires de bébés qui font leurs besoins dans la rue, les histoires de malentendus résultant d’un mauvais maniement des tons inhérents à la langue chinoise, bref le récit de ces moments euphoriques vécus lors de ce séjour relativement court dans un pays où faire du bruit à n’importe quelle heure est tout à fait normal. Le supporter, c’est essentiel. Ou bien, faites comme moi et commandez des boules Quies qui seront sans doute vos meilleurs amis… 

 

 

Une Libanaise à Shenyang

Oubliez toutes les idées reçues et tous les stéréotypes que vous avez sur la Chine. Il est temps de vous lancer dans une aventure pas comme les autres, choquante mais gratifiante. 

Vous vous faites bousculer par 8 millions d’habitants qui veulent à tout prix passer avant vous, crachent par terre, hurlent, klaxonnent, et risquent de vous écraser lorsque vous traversez la rue. Telle est l’une des facettes de la vie à Shenyang, une ville située au nord-est de la Chine où vous êtes accueillis par un vent glacial transperçant la brume densément polluée.

Les Chinois sont très curieux et enthousiastes à l’idée de rencontrer des étrangers. Cet enthousiasme cède parfois la place à la fascination. Vous êtes suivis, pointés du doigt, observés. Vous avez même l’impression d’être une Star lorsqu’ils vous poursuivent pour prendre une photo avec vous. Plus surprenant, les sites touristiques, fidèle reflet de la civilisation chinoise, servent de lieux de sieste.

 

Comme dans une boîte de sardines!

Comme dans une boîte de sardines !

Peu de Chinois parlent l’anglais : 10% selon The Economist. Mais, cela ne les empêche pas d’engager une conversation avec les étrangers voire de leur venir en aide lorsqu’ils en ont besoin.

Tout cela a de quoi choquer une étudiante comme moi, ayant étudié le chinois pendant trois ans et ayant décidé d’expérimenter une immersion totale dans la culture chinoise grâce à une bourse de six mois obtenue de l’Institut Confucius de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.

J’avais cru que je n’allais pas être aussi dépaysée sachant que j’avais déjà connu un premier choc dans ma vie. Née et élevée aux Emirats Arabes Unis, j’avais déjà vécu l’expérience de quitter un pays pour un autre, de quitter Abou Dhabi pour entamer mes études universitaires à Beyrouth. Ma nouvelle vie à Beyrouth était difficile au départ puisque je venais d’un environnement cosmopolite où les gens sont disciplinés, les rues sont bien entretenues et tout est bien « organisé ».

Un deuxième choc m’attendait bel et bien à Shenyang même si j’étais mentalement prête à tout.  Cependant, je me suis rapidement adaptée à la culture chinoise, au chaos, à la nourriture, etc.. Comment ? Vous le saurez dans mon prochain billet. D’ici-là, n’hésitez pas à partager avec moi toute expérience similaire.