L’art ne peut être un délit

Dans le cadre de la rénovation de l’espace d’étude de l’École de Traducteurs et d’Interprètes de Beyrouth (ETIB), j’ai décidé d’investir mon talent en graffiti non seulement pour redonner un coup de neuf aux murs de la faculté mais aussi pour redorer l’image  de cet art.

Fleurissant incroyablement le long des ruelles de Mar Mkhayel, s’épanouissant sur les autoroutes de Dbayeh et ornant les passages beyrouthins, l’art du graffiti ne passe certainement plus inaperçu de nos jours.

Des murs autrefois dépourvus d’intérêt, un triste bâtiment qui sort de la guerre et un chantier démembré sont les patients de cette thérapie émergente. Elle les ravive, les orne d’optimisme et d’espoir.

Etant l’un de ces patients désenchantés, l’espace d’étude de l’ETIB m’a été confié et j’avais carte blanche pour la thérapie de ses façades. J’ai ainsi contribué à la législation d’une activité a priori considérée comme vandalisme mais qui se révèle être en réalité comme un moyen d’embellissement.

Identique à la traduction, le graffiti est un moyen qui transmet un message. À travers mon dessin, j’ai voulu montrer aux étudiants que chaque personne peut marquer un lieu de son empreinte. Ainsi, je laisse une trace vivante non seulement de mon appartenance à l’ETIB mais aussi de celle d’une promotion dynamique et inoubliable.

 

 

 

Pour toutes ces raisons… on m’aime

La langue espagnole décide d’errer dans les rues libanaises pour comprendre pourquoi elle est tellement enracinée au sein de la société libanaise. Elle adresse alors une lettre aux Libanais pour faire part de son expérience.

Chers Libanais,

Je vous ai vus émerveillés à la vue de vos compatriotes qui m’utilisent comme moyen pour s’exprimer. J’ai alors voulu errer dans les rues, observer et faire connaissance.

Les personnes qui m’aiment tout simplement étaient les premières que j’ai rencontrées sur mon chemin. Certes, ce n’était pas seulement mon statut de deuxième langue internationale qui les attirait et inspirait mais c’était aussi la passion des enseignants.

Avoir des discussions privées en attendant dans la file, à l’abri des oreilles indiscrètes était la motivation principale d’un jeune couple que j’ai rencontré « Nous sommes déterminés à découvrir tes secrets les plus profonds » me confesse ce couple enthousiaste.

Communiquer avec leurs homologues en Espagne était la motivation de divers professionnels. « Lorsque je t’ai croisée tu avais l’air bien difficile ! Ensuite lorsque j’ai fait la connaissance des Espagnols, j’ai compris que tu valais le coup et qu’on pouvait vivre ensemble ! » avoue un homme d’affaire bien motivé.

J’ai surtout rencontré des traducteurs très frustrés qui ont ras-le-bol de vos questions stéréotypées et insensées du genre « C’est l’espagnol la seule langue que vous connaissez à part l’arabe, le français et l’anglais ? C’est très facile ! ».

Ojalá, azúcar, calcetines, aceituna, almohada… tels sont des exemples qui montrent l’impact de l’invasion des Arabes en 711 qui a non seulement rapproché l’histoire des cultures arabes et espagnoles mais qui m’a aussi permis d’intégrer de nombreux mots d’origine arabe. Ne serait-ce donc pas une raison supplémentaire qui explique mon enracinement au sein de votre cher Liban ? N’ai-je pas alors le droit d’intégrer vos écoles et d’être aussi importante que le français et l’anglais ?

Sur ce, je vous laisse à la manière Schwarzenegger,

                                                                                                                                  ¡Hasta la vista, baby!

                                                                                                                                            La langue espagnole

Gare à la traduction en ligne : protégez vos données confidentielles

Il est difficile de nier la capacité des outils de traduction en ligne d’offrir à l’utilisateur le luxe de pouvoir accéder à un texte traduit en un clic de souris. Pourtant, ces outils réservent bien des surprises.  

Une surprise qui a coûté cher à la  compagnie pétrolière norvégienne Statoil quand elle a  découvert qu’il était possible d’accéder en ligne à ses données confidentielles comme les contrats, les plans de réduction des effectifs et les lettres de licenciement. Et pour cause : les employés de Statoil ont tout simplement eu recours au service de traduction gratuit en ligne (Translate.com) qui les a stockées dans son cloud (nuage informatique).

Ayant eu vent de ce fâcheux incident, la bourse d’Oslo a tout de suite bloqué l’accès de ses employés aux services de Google Translate et Translate.com.

« Violation massive de la vie privée », c’est en ces termes que Slator, le site d’information de l’industrie de la traduction, décrit la situation après avoir mené ses propres recherches dans une variété étonnante de documents accessibles en ligne  (comme les courriels échangés entre un médecin et une compagnie pharmaceutique mondiale, des lettres de licenciement, des avis de retard de paiement, etc.) qui comportent des données sensibles et confidentielles (noms, adresses électroniques, etc.)

Cependant, Translator.com voit les choses différemment ! L’entreprise avait averti les utilisateurs qu’elle avait recours au crowdsourcing (externalisation ouverte) pour améliorer les sorties machine. Ainsi, elle faisait appel à des traducteurs volontaires pour améliorer son algorithme en mettant à leur disposition des documents. «Toutes les traductions seront envoyées aux membres de la communauté pour en améliorer l’exactitude», avertit la compagnie sur la page d’accueil du site.

« Les requêtes de traduction – dont le texte à traduire – ont été référencées par les moteurs de recherche », explique la compagnie. Pour les supprimer, il suffit d’envoyer le lien URL à l’adresse suivante : support@translate.com.

La disparition permanente des données n’est pourtant pas garantie, d’après l’agence de presse NRK qui a pu les retrouver même après la demande de suppression.

« C’est du passé, commente Maria Burud, vice-présidente des ventes chez Translate.com car, à partir du troisième semestre 2015, Translate.com n’a plus recours aux volontaires donc il n’est plus nécessaire de stocker les textes pour les rendre accessibles au grand public.»

«Il ne faut pas oublier que Translate.com offre deux services : l’un est gratuit et ouvert au grand public, précise-t-elle, alors que l’autre est protégé, confidentiel et spécialement destiné aux entreprises. Les documents confidentiels de Statoil découverts par l’agence de presse norvégienne ont été en effet traduits via le service gratuit.»

« Nous sommes désolés et nous le regrettons », confesse-t-elle.  « Quoi qu’il en soit, il faut faire preuve d’une vigilance extrême lors de l’utilisation d’un service de traduction gratuit en ligne – qu’il soit le nôtre ou celui de Google Translate. Il est nécessaire, d’une part, d’anonymiser les données soumises et d’éviter, d’autre part, de copier/coller des informations sensibles dans Internet », conseille-t-elle.

La gratuité ayant ses propres contraintes et risques, il n’y a donc plus lieu d’hésiter quand il faut choisir entre des outils peu fiables et un traducteur humain qui a prêté un « serment de confidentialité »…

LIVNI, Ephrat. If you value your privacy, be careful with online translation tools. [en ligne]. https://qz.com/1075524/if-you-value-your-privacy-be-careful-with-online-translation-tools/