About Valérie ZGHEIB

Traductrice-rédactrice, passionnée de langues, de littérature et d’écriture, j’ai effectué des stages dans divers domaines comme celui de la traduction, des médias et de l'enseignement. J’ai rejoint la famille de Campus-J, le journal des étudiants de l'USJ, en 2018 en tant que rédactrice et correctrice avant d’y devenir la co-rédactrice en chef pour l’édition 2019-2020.

Laure Moghaizel ou l’icône d’une femme engagée

Laure Moghaizel (1929-1997) est l’une de ces femmes qui incarnent la détermination, la persévérance, l’ambition et la passion, des traits de caractère que notre société patriarcale tente d’étouffer sous ses lois pesantes. Souhaitant la rencontrer, j’imagine une entrevue avec elle à une étape décisive de la lutte pour le droit des femmes au Liban.

Pensez-vous qu’en 2020 la femme libanaise est totalement libre ?

Vous, jeunes citoyen·ne·s avez bien pris le relais dans la lutte pour les droits des femmes. La preuve, je vous vois utiliser une jolie méthode d’écriture égalitaire qui n’existait pas de mon temps !

Quoique je me sois farouchement défendue pour changer dix lois en faveur des femmes dont le droit de vote, la liberté de circulation et le droit à la contraception, un (très) long chemin reste à parcourir. Vous n’avez toujours pas le droit de transmettre la nationalité libanaise à vos enfants, vous êtes toujours victimes de violence et de trafic sexuel, etc.

Quels avantages ont les femmes libanaises d’aujourd’hui dans cette lutte ?

Vous avez la chance d’être écoutées et lues partout. Nul ne peut à présent faire la sourde oreille aux revendications de la femme libanaise du XXIe siècle.

Vous pouvez changer le cap de notre société et défier les lois et les textes juridiques qui semblent discriminatoires à votre égard.

Vous avez également l’avantage d’avoir des hommes qui défendent vos droits à vos côtés, fait plutôt rare de mon temps. J’ai eu la chance d’avoir un mari comme Joseph Moghaizel, un homme exceptionnel qui m’a ardemment soutenue.

La femme libanaise, bien au-delà des préjugés

Quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes Libanais·e·s de ma génération ?

Chacun ·ne d’entre vous est capable de réaliser des changements à tous les niveaux à condition de faire preuve de créativité, de savoir se fixer des objectifs très précis, d’être pragmatique tout en étant idéaliste et surtout de pas convoiter de postes de pouvoir. Le progrès n’est pas offert sur un plateau d’argent. Chacun ·ne d’entre vous a son rôle à jouer !

C’est sur ce message fort que mon entrevue imaginaire se termine.

Je publie ce billet un 21 avril, jour d’anniversaire de Laure Moghaizel, née en 1929, une autre année sombre de l’histoire de l’humanité. Je le publie non seulement pour rendre hommage à cette figure emblématique mais aussi pour transmettre, à mes compatriotes, un message d’espoir, en cette année 2020 marquée par de profonds bouleversements qui remettent en question les fondements mêmes de notre société.

Cette entrevue imaginaire m’a permis de faire revivre une grande figure de mon pays. Et vous, cher·e·s lecteur·rice·s, si vous voyagez dans le temps, quelle personnalité souhaiteriez-vous rencontrer ?

Le couple Moghaizel ou comment les rêves à deux deviennent des réalités

Les « blues » du retour

Le retour reste l’étape la plus délicate d’un voyage. C’est au moment précis de prendre l’avion que tu jettes un dernier regard au loin, que tu soupires. Rentrer ressemble à une déception amoureuse, à se réveiller d’un rêve qui nous était plus que familier et à s’obliger à reprendre le « train-train »  quotidien.

Bonheur des retrouvailles

Tu te motives en te rappelant que chez toi, il y a ceux qui t’aiment. Tu songes au plaisir de les revoir, car s’ils n’y étaient pas, qu’est-ce-qui nous pousserait réellement à rentrer ?

Recherche d’évasion

Tu rentres de nouveau dans ce cycle social monotone et tout ce qui te reste du voyage sont les souvenirs qui prennent vie sous une forme d’échappatoire, d’évasion de ce quotidien brusque et amer.

Souvenirs, souvenirs
Je vous retrouve dans mon cœur

Ailleurs, à la même heure

18h pile. Que faisais-tu en Suisse à cette heure-ci ? Tu admirais le coucher du soleil près du lac Léman. Et à Beyrouth, que fais-tu ? Tu es coincé au bureau te remémorant une jolie balade dans les ruelles de Grenade en Espagne, une randonnée à Assise en Italie, ou tout simplement les beaux paysages vus à travers la fenêtre d’un train à destination inconnue.

Quai d’Ouchy (Lausanne, Suisse), au bas de la colline, au bord du lac

Retour à la réalité

Le voyage achevé, tu retrouves tes repères. Reprends ton boulot avec beaucoup plus de motivation, enchaîne avec des projets concrets. Apprends à contrôler ce chamboulement, à encaisser le tout. C’est ainsi que tu planifieras ton nouveau départ.

Le retour est-il aussi, pour toi, une épreuve difficile ?

Heureux qui comme Ulysse [fera] un beau voyage

Voyager n’est pas juste une valise qu’on emporte. C’est avant tout un état d’esprit !

Ta première confrontation ? Ton hésitation

N’hésite pas ! Fais ce premier pas, perce ta bulle de confort. Oublie tes complexes et tout ce qui te tracasse. Poursuis un nouvel horizon… « L’horizon [qui] souligne l’infini », comme le dit si bien notre cher Hugo. Aucun objectif n’est requis pour se lancer : un sac à dos et une bouteille à la main, tu es prêt à embarquer à bord du train qui te fera sortir de tes rails quotidiens.

Un aller simple

Du bonheur dans le cœur

Empiffre-toi de joie, gâte-toi de bonne humeur et partage ton amour inconditionnellement. Échange avec les autres, fais de nouvelles rencontres. Chaque échange, chaque parole fait désormais partie de toi.

Rencontres inoubliables lors d’un voyage à Ticino, en Suisse

Le voyage, un carpe diem

Goûte à de nouveaux plats, danse au rythme de la salsa, chante à 2h du matin en rentrant chez toi, saoul d’allégresse, dépourvu d’énergie et le lendemain recommence à zéro car oui, lors d’un voyage, on ne vit que le moment présent.

Danser jusqu’au matin

Après la félicité, il faut rentrer

Rentrer chez soi l’âme enrichie de nouvelles expériences, les yeux encore plus enchantés par ce monde…mais comme toutes les belles choses, le voyage a une fin. L’étape la plus difficile demeure le retour.

Et pour toi, le voyage est-il toujours une belle expérience ?

Comment soutenir le Brésil…en Amazonie comme au foot

En collaboration avec Joe EL KHOURY

L’Amazonie brûle ! Avec un nombre record de 72 843 incendies, le point de non-retour a été atteint. Cette situation alarmante est décrite dans le hashtag #PrayforAmazona qui a d’ailleurs fait le buzz sur les réseaux sociaux.

Les incendies ont, en effet, accusé cette année une augmentation de 84% par rapport à la même période en 2018, d’après les données satellitaires de l’Institut national brésilien de recherche spatiale (INPE).

Qui plus est, le poumon de la planète ne joue plus son rôle de première ligne de défense contre le réchauffement climatique. En effet, le taux de déforestation a enregistré une augmentation de 88% entraînant une hausse des émissions de gaz à effet de serre soit 8% des émissions mondiales.

Le gouvernement brésilien, quant à lui, est accusé de ne pas prendre les mesures nécessaires pour limiter la propagation des flammes voire de favoriser la déforestation en encourageant les exploitations agricoles et forestières.

Le seul moyen de lutter contre les incendies qui ravagent la forêt tropicale est de sauter dans un avion à destination du Brésil habillé en sapeur-pompier et muni d’un tuyau d’incendie, ce qui est en effet impossible pour tout un chacun !

Cependant, il est possible de changer les choses tout en restant chez soi pour venir en aide à la forêt ravagée par les feux :

  • Protéger un acre (0.4 hectare) en devenant membre du Rainforest Action Network.
  • Contribuer à l’achat d’un terrain à travers le Rainforest Trust.
  • Soutenir les populations indigènes avec Amazon Watch.
  • Réduire la consommation de papier et de bois ou acheter des produits qui ne mettent pas en danger la forêt grâce à Rainforest Alliance.
  • Soutenir les projets artistiques, scientifiques et tout autre projet par l’intermédiaire de l’organisme Amazon Aid Foundation.
  • Aider à protéger les animaux vivants dans la jungle avec le Fonds mondial pour la nature (WWF).
  • Réduire la consommation de viande bovine.
  • Faire entendre sa voix en signant une pétition.
  • Soutenir les entreprises qui s’engagent à respecter l’objectif zéro carbone.

Pour lutter contre des incendies d’une telle envergure, une mobilisation mondiale s’impose. Quoique plus de 10 000 kilomètres séparent le Liban de l’Amazonie, nous sommes tous concernés par le sauvetage du « poumon vert de la planète »

Melissa Locker, How to help the Amazon rainforest: 9 things you can do during the fires and beyond, in www.fastcompany.com/90392750/9-ways-to-help-the-amazon-rainforest-right-now-as-fires-burn, 21 August 2019