Des salaires mirobolants aux polyglottes

Détrompez-vous, être polyglotte n’est pas si mal que ça ! L’aptitude à parler plus d’une langue est une affaire plus que rentable. À l’heure des échanges internationaux croissants, la demande de personnes compétentes qui maîtrisent plusieurs langues augmente.

 

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Des salaires de rêve sont offerts aux polyglottes du monde !

Le salaire d’un traducteur travaillant chez Apple en Chine et au Japon est estimé à 90 000$. Au moment où les pays occidentaux cherchent à développer leurs relations commerciales avec ces pays d’Extrême-Orient, l’importance du mandarin et du japonais ne cesse de croître.

Au Royaume-Uni, les traducteurs et les interprètes touchent £15 par heure en début de carrière. Les enseignants de langues peuvent faire 25 000 livres sterling par an. Des rémunérations attrayantes sont aussi offertes aux polygottes travaillant dans le secteur commercial : leur salaire peut atteindre 60 000 livres sterling par an. 

Un traducteur dans le secteur public aux Etats-Unis perçoit 22 dollars par heure. De plus, les personnes compétentes en langues étrangères font l’objet d’une demande accrue aux Etats-Unis. On note que le birman, le swahili, le chinois et le créole sont de plus en plus recherchés partout dans le pays, en plus de l’espagnol qui n’a pas perdu son importance.

Croyez-le ou non ! 200 000 dollars, c’est la somme offerte aux “traducteurs aventuriers”, qui accepteraient de travailler dans des régions instables et dangereuses comme le  Moyen-Orient ou l’Afrique par exemple. Outre les zones de conflits, les pays exportateurs de pétrole offrent aux traducteurs des postes très bien payés. Les experts techniques ayant des compétences en langues étrangères, comme le russe à titre d’exemple, peuvent s’attendre à des salaires de plus de 100 000 dollars. Cela s’applique aussi au Moyen-Orient, à l’Afrique et au Canada.

Polyglottes ? Que des avantages ! Faites-en vos choux gras, il faut en profiter pour faire carrière.

 

« Career benefit From Learning Languages » in Telegraph Course Search Website.

http://courses.telegraph.co.uk/study-advice/career-benefit-from-learning-languages/100/, August 22,2014.

Traduisons pour lutter contre l’Ebola….

Ignorer une maladie comme Ebola est aussi dangereux que d’entrer en contact avec une personne infectée. Cette ignorance est due au fait que les informations sur les moyens de prévention ne sont pas disponibles dans les langues comprises par les personnes à risque. C’est pour cela que l’Association Traducteurs sans frontières a décidé d’agir.

Et pour cause. Il existe bel et bien un moyen relativement peu onéreux et à faible technicité pour endiguer cette épidémie, un moyen que l’on n’évoque guère : la traduction.

C’est, en effet,  la barrière linguistique qui empêche les personnes à risque d’accéder à l’information. En Sierra Leone, un tiers des personnes à risque ignorent la cause de la maladie alors que les deux tiers ignorent les moyens de prévention car seule la minorité éduquée parle l’anglais. De même au Libéria, 20% de la population seulement est anglophone. Cependant, toute la documentation destinée à la sensibilisation des populations est en anglais.

Traduire dans une langue adaptée à la culture des destinataires instaure la confiance, condition nécessaire pour changer ses habitudes. S’adresser à une personne dans une langue qu’elle ne comprend pas n’est pas le meilleur moyen pour la convaincre d’apporter des changements substantiels à ses coutumes et pratiques. Et c’est justement ce qui est demandé aux populations touchées par cette épidémie.

Si la traduction permet de surmonter cette barrière linguistique, elle n’est pas facile à réaliser. Traduire et imprimer la documentation dans un continent où l’on recense plus de 2 000 langues parlées est une entreprise onéreuse. Cependant, traduire dans un nombre réduit de langues régionales peut suffire. Par exemple, 522 langues sont parlées au Nigéria mais trois langues seulement – le hausa, le yoruba et l’igbo – pourraient couvrir 65% de la population. De même, le problème de coût ne se pose plus quand Internet entre en jeu. Le téléphone portable est accessible à plus de 65% de la population en Afrique voire aux plus démunis.  C’est pour cette raison que l’Association Traducteurs sans frontières ne s’est pas contentée de traduire la documentation  dans les principales langues locales mais elle a aussi traduit les informations accessibles en ligne sur les téléphones portables via Wikipedia.

Traduire ou ne pas traduire, telle n’est pas la question. Une chose est sûre pour prévenir une maladie comme Ebola : mieux vaut traduire que guérir.

 

Lori Thicke . « How translators can help stem the Ebola crisis », in http://www.newstatesman.com/health/2014/10/how-translators-can-help-stem-ebola-crisis, 14 October 2014.

 

 

Liban – La voyance et l’astrologie : Un espoir dangereux pour les jeunes !

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Sur les écrans télévisés, les voyants parlent de l’avenir … Dans les librairies, les livres d’horoscopes appellent les lecteurs…  Ces émissions et ces livres intéressent généralement les femmes au foyer et ceux qui croient à l’influence des astres. Mais, bizarrement, ce phénomène attire désormais toutes les tranches de la population libanaise sans exception, notamment les jeunes qui s’y intéressent de plus en plus. S’en remettre aux astres ou à la voyance pour construire son avenir est un choix dangereux pour les jeunes Libanais…

Vendus en milliers d’exemplaires,  les livres d’horoscopes représentent la lecture quotidienne des Libanais,  tous sexes confondus. Les émissions consacrées aux voyants sont les plus prisées par les téléspectateurs surtout à la veille du Nouvel An.

« J’obtiens mon diplôme en fin d’année et je crains de me retrouver au chômage. Je porte donc un intérêt particulier aux prédictions espérant y retrouver une petite lueur d’espoir.» C’est ainsi que Hadi Honein, un étudiant universitaire, justifie son attachement aux prédictions astrologiques.

Hadi n’est pas le seul jeune homme à s’intéresser aux livres d’horoscope. Donc, plus de place  à l’image cliché qui considère que seules les filles portent un intérêt particulier aux astres pour prédire leur avenir amoureux. Tous deux, hommes et femmes, recherchent dans les pages de ces livres l’espoir de pouvoir réaliser un projet qui leur tient à cœur mais qui est, en réalité, inaccessible.

« La psychologie moderne met en garde contre le danger de bâtir son avenir sur les prédictions, car toute prédiction qui ne se réalise pas peut causer une grande déception voire un sentiment de frustration qui peut mener à la dépression», prévient la psychanalyste Lina Awad. De plus, les jeunes qui tentent de « fuir la réalité » seront perdus si la roue de la vie tourne dans le mauvais sens !

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Pire encore, le suivi des prédictions des astrologues et des voyants peut tourner en dépendance grave. La personne dépendante ne travaillera qu’en fonction des livres du zodiaque ou des propos des charlatans ! Il revient alors à l’entourage de la personne dépendante de tenter de contrôler cette dépendance qui pourrait bien paralyser bien des aspects de la vie quotidienne surtout si toute prise de décision reste tributaire des prédictions de plus d’un voyant !

«Tes rêves seront brisés cette année. Évite d’entreprendre un projet important car il sera voué à l’échec». Une telle prédiction risquerait de changer le cours de toute une vie. Donc, une stratégie de prévention contre les risques d’une telle dépendance s’impose surtout quand les prédictions comportent une bonne dose de pessimisme.

http://alhayat.com/Details/589642 , فيرونيك أبو غزالة. « شباب لبنان يبحث عن فرصة في التنبؤات والأبراج » ,في جريدة الحياة, 5 كانون التاني 2014

Doublage et sous-titrage en arabe : Une supercherie ?

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Prépare-t-il vraiment du thé bon pour les cordes vocales des chanteurs d’opérettes ?

La traduction de la traduction

La plupart des films et des séries diffusés au Liban et dans le monde arabe font l’objet d’un d’un doublage ou d’un sous-titrage. Abbas BAYDOUN, journaliste et critique dans le quotidien libanais As-Safir, attaque ces deux techniques de traduction, qualifiant la première de mascarade et considérant la deuxième comme le reflet d’une culture qui prône le camouflage.

Je n’aime pas le doublage. Je n’aime pas que l’on substitue la voix de l’acteur par une autre car c’est une forme d’agression, voire une mascarade qui me tape sur les nerfs.

Je préfère de loin le sous-titrage car lire et écouter les paroles de l’acteur bien synchronisées avec les expressions de son visage et sa voix me paraît un moyen plus sincère, plus simple et plus proche de la réalité.

Sauf que le sous-titrage en arabe a aussi ses défauts ! Car, une traduction qui est soumise à des règles et des directives préalables est tout sauf une traduction proprement dite. Elle cache souvent le vrai sens et le camoufle. Cependant, il ne faut pas blâmer le traducteur mais les contraintes qu’on lui impose.

Pour comprendre le sens, il revient au spectateur de trouver la corrélation entre la fausse dénomination et le sens recherché et il y parviendra s’il fait preuve de perspicacité, d’un bon sens de l’observation et d’un pouvoir de déduction. Et tôt ou tard, le spectateur finira par décrypter le «code secret» utilisé pour comprendre le vrai sens de la traduction : désormais, le spectateur ne lit pas le sens mais il le subtilise.
Ainsi, quand vous lisez «boisson écossaise», il faut penser au whisky. Et c’est bien le cas de la plupart des boissons du monde ! Dans les films sous-titrés en arabe, la vodka devient la «boisson russe», le vin la «boisson française» et le «tequila»,  c’est, bien entendu, la « boisson mexicaine ». Il suffit d’un peu d’expérience ou de connaissance pour que le spectateur puisse décoder le code encodé par le traducteur.

Pour la culture arabe, en définitive, tout est affaire de dénomination : si elle ne nomme pas les choses telles qu’elles sont, elle croit pouvoir facilement les supprimer ! Et si elle supprime les noms des boissons alcooliques, elle croit pouvoir supprimer l’alcool ! Du coup, la tromperie devient une auto-tromperie.

Mais si l’on pense qu’en supprimant le nom, on supprime la chose, l’on pourrait facilement supprimer un être humain juste à cause de son nom, de sa race, de sa religion, etc. Puisque l’on ne sait plus faire la différence entre l’objet et sa dénomination, les personnes risqueraient de devenir victimes de leur nom !

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« Je n’arrivais pas à trouver un moyen pour en finir avec ces sous-titres stupides. J’ai fini par les cacher avec du ruban adhésif. »

 

عباس بيضون. « ترجمة الترجمة »، في جريدة السفير، 22 شباط 2014
http://www.assafir.com/Article/338999/Archive

 

Le français se conjuguera au futur

750 millions de personnes parleront le français en 2050 selon la banque d’investissement Natixis citée par le célèbre magazine économique américain Forbes !

Le français sera parlé par 8% de personnes en 2050 contre 5% d’anglophones !

 Le français a longtemps été, la langue officielle de la culture, de l’érudition, de la diplomatie et des arts. Les aristocrates de la Russie impériale parlaient français, même entre eux, comme l’a attesté Tolstoï et beaucoup d’autres. Bref, pour être « éduqué », il suffisait de parler français.

Mais la situation a beaucoup changé depuis… avec l’essor de l’anglais qui devient la lingua franca. Malgré cela, le français n’a pas perdu son statut de langue officielle dans plusieurs organisations internationales telles que l’ONU, l’UE et le Comité International Olympique (fondé par un Français). De plus, apprendre le français a un cachet évident.

Le français peut être une belle langue mais, rares sont ceux qui la considèrent comme une langue utile et presque personne ne la considère comme la langue du futur. John McWhorter fut le porte-parole de plusieurs quand il a écrit un article intitulé : «Arrêtons de prétendre que le français est une langue importante » dans lequel, il attaque les programmes d’éducation bilingue franco-anglais adoptés à New York.

Quoiqu’il en soit, les statistiques confirment que le français sera probablement la langue de l’avenir. En effet, une étude faite par la banque française d’investissement Natixis a révélé que le français non seulement sera la langue la plus parlée, mais il devancera aussi l’anglais et le mandarin. Cependant, cette étude est contestable vu qu’elle considère comme francophones toutes les populations des pays où le français est une langue officielle, ce qui n’est pas tout à fait le cas.

Mais l’idée reste valable : le français est une langue mondiale qui se propage rapidement. Le mandarin serait aussi une option, malgré la difficulté à l’apprendre pour la plupart des Occidentaux. Cependant, il ne va pas être une langue prédominante, vu le déclin démographique enregistré en Chine.

Entretemps, tout porte à croire que le français se propagera dans tous les continents et sera particulièrement prédominant dans le continent qui va être en plein essor en 2050 – l’Afrique.

 

Pascal-Emmanuel Gobry. « Want To Know The Language Of The Future? The Data Suggests It Could Be…French », in The Forbes, http://www.forbes.com/sites/pascalemmanuelgobry/2014/03/21/want-to-know-the-language-of-the-future-the-data-suggests-it-could-be-french/, March 21, 2014