Jeune diplômée

Au nom des jeunes diplômés !

Tout étudiant, bientôt diplômé, se met à la recherche d’un emploi qui répond à ses ambitions. Bien que les offres soient nombreuses, elles exigent souvent beaucoup d’années d’expérience mettant ainsi à l’écart les jeunes diplômés.

Cher potentiel employeur,

Je vous ai envoyé mon CV et ma lettre de motivation en réponse à votre offre d’emploi. Les avez-vous reçus ? J’ai lu attentivement les qualifications demandées dans la description du poste que vous proposez et je suis sans aucun doute la traductrice qu’il vous faut.

Je ne peux pas prétendre avoir le nombre d’années d’expérience que vous exigez. Cependant, j’ai à mon actif plusieurs stages et projets de traduction dans une multitude de domaines. Notons aussi l’importance de la formation académique que j’ai reçue pendant les cinq années passées à l’ETIB. Cette formation m’a appris à m’adapter facilement aux exigences du marché et à mettre en œuvre mes compétences afin de développer davantage mon parcours professionnel.

Je suis consciente du fait que mon statut de débutante vous effraye comme la plupart des employeurs qui craignent d’entacher l’image de leur entreprise en engageant de jeunes diplômés. Mais voici ce que j’aimerais vous dire :

Si personne n’accepte de prendre sous son aile un jeune diplômé en quête d’expérience, comment espérez-vous voir ce jeune, qui a durement travaillé pour obtenir son diplôme, sortir de ce cercle vicieux et s’épanouir au sein du métier qu’il a choisi ?

Si les recruteurs n’accordent pas la moindre chance aux jeunes de faire leurs preuves, comment voulez-vous qu’ils arrivent à décrocher leur premier emploi ?

N’oubliez surtout pas que les jeunes diplômés sont avides de connaissances et jouissent d’une capacité d’adaptation et d’une facilité à apprendre de leurs propres expériences, ce qui est certes un atout pour toute entreprise. 

Tout en espérant que cet appel sera entendu, je vous prie d’agréer, cher potentiel employeur, l’expression de mes sentiments dépités.

Une diplômée qui ne veut pas devenir une chômeuse

La langue ne fait pas le moine…

- En quelle langue pensez-vous, rêvez-vous, réfléchissez-vous ?

- En français.

- Et quand vous êtes énervé, vous jurez en quelle langue ?

- Ah, là, en arabe.

Beaucoup d’arabophones entretiennent avec leur langue un rapport relativement conflictuel. Affirmant avec assurance que leur langue maternelle est le français ou l’anglais, certains préfèreraient presque mourir que d’admettre qu’il leur est plus naturel de parler arabe.

Nous avons aussi la catégorie des individus au bord de l’absence d’identité, à l’instar de Jacques Derrida : arabe imparfait, anglais imparfait, français imparfait.

La ruse des passeports est également fascinante :

- De quelle nationalité êtes-vous ?

- Canado-Allemand.

- Ah oui ? (À ce stade de la conversation, mon interlocuteur me complexe parce que je l’imagine quadrilingue et doté d’un bagage culturel digne d’un ambassadeur à la retraite).

- Oui, mais j’ai grandi dans un petit village près de Jezzine, je ne suis jamais allé en Allemagne et je n’ai aucun souvenir du Canada.

Et dans cet océan de confusion identitaire, il y a moi. D’origine syrienne, née et élevée en France, finissant mes études au Liban, imaginez un peu le désordre.

Mes langues sont comme mes vêtements. Elles me trahissent en une seconde, et permettent de m’étiqueter, en théorie de manière incontestablement pertinente, bien qu’en réalité mes interlocuteurs ne soient presque jamais tombés juste.

Un accent très parisien en français me vaut d’être considérée avec respect : après tout, j’arrive tout droit du pays mandataire.

En entendant mon fort accent syrien en arabe, en revanche, les Libanais me toisent de haut.

Le plus perturbant pour eux reste lorsque je passe d’une langue à l’autre : s’exprimer en l’espace de quelques minutes en français parisien puis en arabe syrien, c’est comme passer du statut de crème de la crème à celui de lie de la société.

De mon côté, je m’y retrouve plutôt bien. Je vis ma double nationalité comme une richesse, et vous aurez beau me prendre de haut, je resterai fière d’être Syrienne, autant que Française.

 

 

Translation 3

Sois traducteur et tais-toi


Pourquoi les traducteurs finiront par être remplacés par la traduction machine
http://mox.ingenierotraductor.com/2012/04/why-translators-will-be-replaced-by.html

http://mox.ingenierotraductor.com/2012/04/why-translators-will-be-replaced-by.html

Traducteur  : Il y a des incohérences et des erreurs dans le manuel d’utilisateur qui le rendent difficile à comprendre. Par conséquent, l’utilisateur risque de faire exploser la machine.
Donneur d’ouvrage : Détrompe-toi, tu es payé pour traduire le document, pas pour le comprendre.

Le traducteur amoureux

Quand un traducteur déclare sa flamme…

Le traducteur amoureux

Le traducteur amoureux

http://mox.ingenierotraductor.com/2015/11/why-every-translator-should-go-to-at.html

Traduire c’est…

Le traducteur : Traduire consiste à trouver la cible exacte pour chaque source.
Sa compagne :  ZZZ…
Le traducteur : C’est comme regarder votre partenaire dans les yeux et essayer de comprendre son essence, pour que vos âmes soient en parfaite harmonie pour toujours.
Sa compagne : ??
Le traducteur : Lena, tu es ma cible et je suis ta source.

Ce que vous ignorez sur Saint Jérôme…

Même le plus érudit des traducteurs ne peut se vanter de tout savoir à propos de Saint Jérôme ! À l’occasion de la Journée mondiale de la traduction, célébrée chaque année le 30 septembre le jour de la Saint Jérôme, les traductrices-rédactrices de l’ETIB (Promo 2017) relancent le blog Mosaïk  avec un article – traduit de l’anglais – qui relate cinq faits intéressants voire insolites sur leur saint patron. 

 

1- Un saint trilingue

 Doué pour les langues, Saint Jérôme maîtrisait le latin, le grec et l’hébreu. C’est pour cette raison que le pape Damase le chargea, en 382 ap. J.-C, de réviser le texte des Évangiles en latin pour le rendre accessible à un plus grand nombre de fidèles en latin, langue populaire devenue la langue usuelle. Sa version, ou « Vulgate », traduction complète de la Bible, sur laquelle il travailla pendant plus de 20 ans, lui valut la célébrité.

 

2- Un saint modèle

 D’une indéniable modestie, Saint Jérôme était connu pour son humilité vis-à-vis de son propre travail, faisant de lui un exemple à suivre pour ses successeurs. Il a d’ailleurs fait part ouvertement de son ignorance voire de son embarras quand la révision de la Bible lui a été confiée et il revisitait régulièrement ses traductions en y apportant corrections et ajouts.

Son souci de la précision a fait de lui une source d’inspiration pour les traducteurs. Il considérait que la précision d’une traduction dépend en grande partie de la fiabilité du texte source. En effet, les copistes commettaient souvent, par inadvertance, des erreurs dont les conséquences s’étaient amplifiées à travers les siècles. Ces deux qualités justifient son statut de saint patron des traducteurs.

Ce que beaucoup ignorent c’est qu’il est également le saint patron des libraires, des exégètes, des étudiants, et bien entendu des interprètes.

 

3- Un saint sans miracles

 C’est pour les services qu’il avait rendus à l’Église et non pas pour les miracles qu’il avait accomplis que Saint Jérôme a été canonisé.

 

4- Un saint au caractère difficile

 Connu pour son manque de tact, son franc-parler, son sarcasme et sa hargnerie, Saint Jérôme était difficile d’approche. Il avait du tempérament !

 

5- Un saint qui a commis une faute grave !

 Qui l’eût cru ? Saint Jérôme est responsable d’une faute de traduction dont les effets sont visibles dans toutes les images et les sculptures de Moïse représenté la tête surmontée de deux cornes – notamment dans une statue imposante de 2m35 de Michel-Ange qui peut être vue à la basilique Saint-Pierre-aux-Liens à Rome. Une simple proximité phonétique entre les mots hébreux « karan» (rayonner) et «keren » (cornes) en est la cause. Ainsi, dans les versets hébreux qui relatent la descente du Mont Sinaï, le visage de Moïse « rayonne de lumière » mais, dans la traduction en latin de Saint Jérôme, « son visage était cornu » !

Greetje den Holder. 5 Fun Facts about Saint Jerome for the Translator, in http://budgetvertalingonline.nl/translations/5-fun-facts-about-saint-jerome-for-the-translator/,  17 January 2016.

N.B. Pour invoquer notre saint patron, une Prière des traducteurs est proposée par un traducteur à ses confrères.