Aux amoureux de la viande: Halte !

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Demitariens à vos fourchettes ! Une nouvelle catégorie vient s’ajouter aux végétariens, végétaliens et déchétariens….

Il faut dire que le scandale de la viande de cheval a dévoilé le côté obscur de notre amour démesuré pour la viande. C’est ce que révèle une étude menée par le professeur Mark Sutton dans le cadre du programme des Nations Unies pour l’environnement (Unep) et publiée en février 2013. Cette étude montre les méfaits de l’élevage intensif sur l’environnement que seuls les demitariens dans les pays riches  peuvent apparemment équilibrer en divisant leur consommation de viande par deux.

Morale de l’histoire : À chacun ses préférences alimentaires tant que nos bases de données terminologiques, elles, sont bien nourries.

Neda CASSIA

 Fiona Harvey. “Halve meat consumption, scientists urge rich world”, in The Guardian, http://www.guardian.co.uk/environment/2013/feb/18/halve-meat-consumption-scientists, February 18, 2013.
Crédit image : http://universnature.wordpress.com/
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… ou le Beyrouth utopique de Tom Fletcher

Les diplomates détestent prédire quoi que ce soit. Churchill a dit un jour qu’on pourrait ignorer une page sur deux des avis émis par le Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth britannique (le Foreign Office) parce qu’ils ont toujours tendance à se présenter sous la forme de «d’une part» et «d’autre part». Les dossiers sont remplis de missives pré-électorales qui jouent la carte de la prudence.

 Et nos raisons sont bien valables. Nous n’aimons pas avoir tort. En effet, plus nous étudions la politique internationale, plus nous réalisons à quel point elle est imprévisible.

 Ce billet est donc loin d’être une boule de cristal. Cependant, au moment où la tendance est au pessimisme qui, je le sens, sera de courte durée, plusieurs personnes sont en train de me parler de l’avenir du Liban. Je me suis donc demandé ce que mon successeur écrirait dans son rapport, après avoir assisté en 2020 aux célébrations du 100ème anniversaire de la création du Grand Liban. Voici l’une des versions possibles.

 «Monsieur le ministre des Affaires étrangères,

 Je vous ai représenté aujourd’hui à la célébration du centenaire à Beyrouth.

 Des dirigeants du monde entier étaient présents. La nouvelle opulence du Liban, provenant de la découverte d’énormes réserves de gaz offshore, suscite beaucoup d’intérêt. Le président de la zone euro m’a dit que le Liban est devenu aujourd’hui le nouveau Singapour avec plus de ski ou le nouveau Qatar avec plus de culture.

 Le moment fort de la célébration a été la participation d’une multitude de talentueux poètes, musiciens et réalisateurs de films. Depuis la fin de l’occupation syrienne, le Liban a ressurgi et a repris sa place d’épicentre de la renaissance culturelle arabe. Vous l’avez sans doute constaté avec le nombre élevé de films et de musique de production libanaise téléchargés au Royaume-Uni.

 Le président syrien, nouvellement élu, était l’invité d’honneur. Le Traité de reconnaissance et de coopération signé entre la Syrie et le Liban en 2014 a établi des relations bilatérales d’égal à égal. Les frontières ont été délimitées et les entreprises libanaises ainsi que les leaders communautaires ont indubitablement joué un rôle crucial dans la reconstruction de la Syrie après la terrible guerre civile qui l’a ravagée de 2011 à 2013.

 J’ai eu des entretiens en aparté avec plusieurs députés. La plupart ont moins de 40 ans et font partie de la génération de l’après-guerre. Plusieurs sont d’anciens expatriés qui ont décidé de rentrer au Liban pour y occuper des postes de responsabilité. Alors que l’on parlait autrefois de fuite des cerveaux, l’on parle aujourd’hui d’afflux des cerveaux. Les nouvelles technologies ont permis à la diaspora libanaise de créer l’un des réseaux de business les plus dynamiques au monde, faisant de Beyrouth la plaque tournante entre l’Europe et l’Asie. Dans son discours, la Présidente de la République (l’une des premières citoyennes à s’être mariée civilement avec un homme d’une autre confession) a affirmé que, puisque le pouvoir mondial se déplace vers le Sud et l’Est, nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère levantine.

 L’Accord de Beyrouth conclu en 2014 semble encore bien fonctionner. Il est évident que le Liban ne serait pas le Liban sans les débats animés sur la représentation politique. Mais la majorité des partis sentent que leurs intérêts sont sauvegardés. Pour ma part, le moment crucial fut de voir les leaders libanais rejeter toute interférence étrangère dans le processus qui visait à «relancer » le règlement des questions constitutionnelles au Liban. En insistant sur la nécessité de permettre aux Libanais de décider pour eux-mêmes, ils ont mis fin au cercle vicieux de l’ingérence et du favoritisme exercés par les pays étrangers. Pour la première fois, le règlement des questions constitutionnelles au Liban est à 100% libanais. 

 Il y a eu peu de débats politiques durant la cérémonie, bien que la vie politique soit aujourd’hui, plus animée que jamais. Le principal point de discorde tourne autour des revenus gaziers. Le parti « Liban Uni » (centre-gauche) veut verser un dividende à chaque citoyen libanais. Le parti « Nation Unie » (centre-droite) veut doter le pays d’un fonds souverain. Je suis tombé sur deux ex-députés, relativement assez avancés en âge, les derniers à encore afficher les étiquettes du 8 et 14 Mars. Le seul parti à avoir conservé une base confessionnelle a perdu son dernier siège aux élections de 2017, quoique le Sénat continue de protéger les intérêts interconfessionnels.

 Étant donné que le protocole suivait l’ordre alphabétique, les ambassadeurs israéliens et iraniens, tous deux engagés dans une conversation animée, devaient s’asseoir près de celui de la Grande Bretagne. L’accord de paix de 2015 entre Israël et le Liban a indéniablement joué un rôle primordial dans le boom gazier de la région. Les frontières ont été délimitées au sud, et les deux parties se sont engagées à mettre fin aux agressions. L’établissement de l’État palestinien, la même année, suite à d’intenses efforts menés par les États-Unis, a entraîné le retour de beaucoup de réfugiés palestiniens à leur terre natale. Les touristes occidentaux visitent désormais Israël, la Palestine, la Syrie et le Liban durant le même voyage, et beaucoup de pèlerins résidant au Liban, tant chrétiens que musulmans, ont visité Jérusalem l’année dernière.

 Toutes les communautés du Liban ont participé en force aux festivités ;  un rappel vivant de la cohabitation des différents groupes qui ont fait de cette terre la leur au fil des siècles. Après avoir payé le prix des divisions confessionnelles dans le passé, le Liban est devenu aujourd’hui le talisman de tout peuple aspirant à la coexistence. Ainsi, des délégations de pays en conflit le visitent régulièrement pour suivre son exemple. Parmi les leaders présents, Sayyed Hassan Nasrallah qui a confirmé que son parti reste vigoureusement engagé dans le processus de réforme et que, conformément à sa charte de 2014, il renonce à toute violence, faisant passer les intérêts du Liban avant ceux de n’importe quel autre pays. Comme en Irlande du Nord, il est remarquable de voir la métamorphose d’anciennes milices qui se sont engagées dans un projet véritablement national. D’ailleurs, cela ne fait que renforcer leur pouvoir politique. La Garde nationale, regroupant, entre autres, un grand nombre d’anciens combattants de la résistance, a défilé fièrement aux côtés du reste de l’armée libanaise dont plusieurs soldats viennent de rentrer de missions de maintien de la paix accomplies dans plusieurs continents.

 Je suis arrivé à la cérémonie à bord du nouveau train de ville, l’un des projets phares du Liban 2020 piloté par le secteur privé afin de moderniser le pays. Beyrouth est aujourd’hui dotée du premier centre-ville piéton au monde et les revenus pétroliers et gaziers ont financé la rénovation du réseau électrique national. Par conséquent, les générateurs ne sont désormais plus qu’un lointain souvenir. Les efforts déployés pour découvrir et restaurer les sites archéologiques sont au cœur du remarquable boom touristique des dernières années. La ville de Beyrouth est aujourd’hui la destination de prédilection des Britanniques pour des séjours de courte durée et un bon nombre de mes compatriotes me rejoindront, j’en suis certain, au Sky Bar, ce soir, pour poursuivre la fête.

Le Liban à 100 ans est extraordinaire, résilient, plein de talents, d’espoir, de diversité, de beauté et de charme. J’attends avec impatience la prochaine visite royale.

 Je vous prie d’agréer, Monsieur le ministre des Affaires étrangères, l’expression de ma très haute considération.

 L’Ambassadeur de Sa Majesté, Beyrouth.

 N.B : Ce fut un plaisir pour moi de voir mon prédécesseur Tom Fletcher gagner le 100 mètres et le 200 mètres aux Jeux olympiques de cette année.

Une fantaisie ? De la pure naïveté ? À vous d’en juger. Dites-nous ce que vous en pensez. #Leb 2020

Traductrices-Rédactrices/Promotion 2013

Tom Fletcher, “Beirutopia”, http://blogs.fco.gov.uk/tomfletcher/2013/02/08/beirutopia/, February 8, 2013.

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