L’Algérie ou… le syndrome du tombeau terrestre

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Crédit photo : http://www.zawya.com/story/Focus_on_housing-ZAWYA20120513081044/

Les prix de l’immobilier montent en flèche, la demande explose, les maisons deviennent un bien précieux et on vit toujours dans la misère. En Algérie, la demande explose. L’offre, quant à elle, stagne voire se réduit comme une peau de chagrin.

« Des appartements, nous voulons des appartements ! » C’est cette requête que l’on entend dans les rues depuis deux ans et qui exprime bien le mécontentement des citoyens.

En Algérie, comme dans plusieurs pays arabes, se marier c’est aussi avoir sa propre maison. Mais avec les difficultés que rencontrent les couples pour trouver un logement digne de ce nom, tout est remis en question.

Les choix ne manquent pas mais ils sont tous pires les uns que les autres : s’entasser par dizaines dans de petites demeures, dormir à tour de rôle, vivre au sein de la famille élargie avec tous les problèmes que cela suppose, occuper les toits de demeures construites à la va-vite avec des matériaux de base. Résultat : les quartiers populaires algériens se remplissent et les demeures de misère se multiplient.

Ce fait économique a donné naissance à un phénomène social tout neuf. Pas d’appartements, pas de mariage ! En réalité, les jeunes préfèrent abandonner leurs projets de mariage à cause du problème de logement et se résignent au célibat pour de bon. D’après des statistiques officielles, neuf millions d’Algériens des deux sexes sont célibataires. Pour ceux qui « osent » se marier, l’issue n’est pas toujours heureuse : 4 000 cas de divorce sont recensés par an !

Une réalité amère que vit quotidiennement la jeunesse algérienne. Et lorsque, miracle, un jeune couple trouve la perle rare qui lui servira de cocon familial et de catalyseur du mariage, il ne se doute pas de la chance qu’il a. D’où le nouvel adage lorsqu’un couple trouve un toit :  « Nous avons trouvé notre tombeau terrestre en attendant notre tombeau éternel 

Une ambition qui ne tient qu’à une fenêtre

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«Si seulement j’avais une petite fenêtre, je me serais senti roi. Le problème est que même si je fais un trou dans le mur, je me retrouverai chez les voisins». Si seulement Yassin, jeune marié égyptien de 29 ans, savait que dans toutes les déclarations des droits de l’homme, le droit au logement ne prévoit pas seulement l’existence d’«une fenêtre» mais il prévoit aussi, entre autres, un lieu salubre naturellement aéré et éclairé qui respecte l’intimité et l’indépendance.

Yassin a loué un appartement dans un quartier populaire, qui lui coûte les trois-quarts de son salaire. Mais ce n’est pas un appartement dans le vrai sens du terme : il comprend une seule chambre ainsi qu’une salle avec «cuisine américaine», comme l’appelleraient les personnes de la haute société, mais que la femme de Yassin appelle «poêle, bassin et robinet». Le seul problème de Yassin c’est qu’il n’a pas de fenêtre !

La crise de l’immobilier en Égypte n’est pas d’aujourd’hui ; elle est le résultat des politiques adoptées – depuis l’ouverture économique initiée par l’ex-président Mohammed Anouar el-Sadate- qui se sont rangées du côté des riches aux dépens des pauvres et de la classe moyenne. Ainsi, des lieux aussi insolites et insalubres qu’un garage, qu’un commerce, que les toits des immeubles voire que les cimetières, sans parler des bidonvilles, sont devenus des logements en bonne et due forme.

La crise a atteint son paroxysme au point où les projets de mariage ne tiennent plus qu’à un… appartement. La majorité des jeunes Égyptiens qui désirent se marier se doivent d’avoir un appartement, qu’il soit loué ou acheté. Et comme rares sont ceux qui peuvent se permettre d’acheter une nouvelle maison, la solution pour la plupart est la location. Toutefois, même ce deuxième choix reste difficile puisque les prix des locations sont supérieurs ou égaux aux rentrées de ces jeunes Égyptiens. Le comble, c’est que même ceux qui réussissent à se payer la location ne se sentent pas «bien installés», ou même sont menacés d’éviction. Pire encore, il suffit d’être «propriétaire d’une maison», homme ou femme, pour devenir, aux yeux de tous, le parti idéal !

Si tous les discours politiques revendiquent le droit des jeunes à un logement et celui des jeunes mariés à des crédits et des facilités, ils ne sont que des paroles dans le vent. Les seules victimes de cette crise restent ceux qui sont à la recherche d’un toit pour abriter leur nouveau foyer – même une simple chambre sans fenêtre – en attendant que la nouvelle Constitution consacre le droit au logement.

Le logement et l’itinérance en chiffres

- Plus de 15,5 millions d’Égyptiens vivent dans des bidonvilles, soit plus de 3 millions de familles alors qu’il existe plus de 8,5 millions de logements neufs inhabités.

- Environ 18% des familles égyptiennes vivent dans une seule chambre et partagent les toilettes avec d’autres familles.

- Un quart de million de familles égyptiennes possèdent trois maisons privées, un million en possède deux, 8 millions de familles en possèdent une seule alors que 3 millions n’ont rien.

أمينة خيري.  » الطموح في مصر يرقى إلى نافذة لا تطل على الجيران ! »، في الحياة، 12 نوفمبر/تشرين الثاني 2012، http://alhayat.com/Details/451891

Crédit photo : AFP/OLIVIER LABAN-MATTEI

 

Les célibataires jordaniens à la rue

 

La crise logement en Jordanie inspire des calembours!  credit image: http://www.black-iris.com/2008/04/03/jordans-national-housing-initiative-the-economics-of-a-decent-living/

Flambée des prix de l’immobilier
Le citoyen excédé : « Il faut fixer un plafond à cette « débauche » des prix ! »

 

Dans un monde arabe, où indépendance, liberté et possession d’un chez-soi riment avec mariage, les jeunes voient leurs rêves de devenir propriétaires s’envoler tout comme leurs salaires au début du mois.

Trouver un refuge respectable se révèle être un travail de titan. Entre préparatifs du mariage, crédits à rembourser et listes interminables de besoins ; le salaire mensuel s’évapore  même avant d’arriver sur les comptes.

Au milieu de ce désarroi immobilier, certains tentent de garder une lueur d’espoir en cherchant un toit en dehors de la capitale. Mais rien n’y fait. Les loyers sont exorbitants par rapport aux maigres salaires des citoyens jordaniens. Toutefois, le problème ne concerne pas uniquement les futurs époux. Cette crise touche toute la société, dans toutes ses catégories. Avec un salaire moyen qui frôle à peine les 550 $, les employés désespèrent. Ce montant n’est certainement pas suffisant pour louer un appartement minuscule, alors de là à devenir propriétaire, le chemin reste semé d’obstacles.

Et pourtant certains jeunes « célibataires », avides de démarrer leur vie active et en quête d’indépendance, s’essayent à la colocation entre jeunes. On va donc jusqu’à s’entasser à six dans des petits espaces. Mais encore, ils se trouvent à la rue peu de temps plus tard, vu que le milieu social très conservateur de la région leur refuse ce « luxe ».

Les experts tentent de justifier cette situation rocambolesque en pointant du doigt les prix excessifs des matériaux de construction est des terrains au cœur de la capitale.

La « maison des rêves » reste un songe inaccessible pour cette nouvelle génération qui essaye, tant bien que mal, de s’en sortir malgré des enjeux économiques qui la dépassent.

Désormais, pour les Jordaniens, posséder les clés du bonheur est devenu une mission impossible.

Source :

تامر الصمادي. «  المجتمع الأردني يطرد العازبين من مساكن العائلات « ، في جريدة الحياة، الإثنين ١٢ نوفمبر ٢٠١٢، http://alhayat.com/Details/451886