Le Liban en chiffres : Une santé de fer et beaucoup de volontariat

Dans son étude démographique sur le Liban, axée surtout sur les jeunes appartenant à la catégorie d’âge des 15-29 ans, M. Riad Tabbarah,  directeur du Centre d’études et de projets pour le développement, expose, chiffres à l’appui, certains fait marquants sur les Libanais, notamment les jeunes de 15 à 29 ans. Dans cet article, nous exposons ce qui a été révélé sur la santé et la participation des jeunes à la vie en société.

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Santé : Une sensibilisation remarquable

Saviez-vous que presque toutes les femmes libanaises enceintes consultent un médecin durant leur grossesse et presque toutes mettent leurs nouveau-nés sous surveillance médicale dans des hôpitaux, alors que le taux de femmes qui ne consultent pas de médecin après l’accouchement est très bas mais augmente de manière continue ?

Saviez-vous que les statistiques des Nations Unies montrent que le taux de personnes atteintes de SIDA en 2007 était de 6 pour mille habitants en moyenne dans les pays les plus développés, 11 pour mille habitants dans les pays en voie de développement (sauf le sud du Sahara) et environ 60 pour mille habitants dans les pays d’Afrique au sud du Sahara, alors qu’au Liban, il ne dépasse pas 1 pour mille habitants, et c’est un taux stable depuis un certain temps ?

Saviez-vous que la grande majorité des jeunes femmes savent comment se transmet le SIDA et savent qu’avoir des relations sexuelles protégées est une des mesures préventives de cette maladie ?

Saviez-vous que les statistiques internationales de 2007 montrent que le taux de mortalité au Liban suite aux accidents de la route est l’un des plus élevés au monde, relativement au nombre d’habitants,  si l’on exclut le continent africain, et qu’il augmente de jour en jour  et que la majorité des victimes sont des jeunes ?

Saviez-vous qu’au Liban, on commence à fumer avant la quarantaine dans la grande majorité des cas et que le sevrage tabagique ne commence pas avant l’âge de 60 ans ?

Saviez-vous que le taux de handicap chez les jeunes a beaucoup diminué depuis la fin des années 1990 et la raison principale est que les handicaps générés par la guerre civile ne concernent plus les jeunes d’aujourd’hui parce que la plupart n’étaient pas encore nés à la fin de la guerre alors que le handicap touche surtout la catégorie des 30-45 ans ?

Saviez-vous que presque toutes les études concernant les répercussions des guerres successives sur la santé psychologique des enfants et des jeunes au Liban montrent que la propagation des troubles psychiques chez les enfants libanais ne diffère pas de celle enregistrée chez les enfants des pays qui n’ont jamais connu de guerres, et que la comparaison entre des enfants qui ont vécu la guerre dans certaines régions du Liban (comme le Sud par exemple), avec des enfants vivant dans d’autres  régions ne reflète pas de différences palpables quant à la propagation des maladies psychiques ?

Participation des jeunes à la vie en société : Volontariat en hausse

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Saviez-vous que le Liban est l’un des 12 pays au monde sur 228 à déterminer l’âge minimum pour voter (21 ans) à plus de 18 ans ?

Saviez-vous que le volontariat au Liban est l’un des plus développés au monde et qu’il est en accroissement continu alors qu’il diminue dans le reste du monde ?

Saviez-vous qu’il y a plus de 1 000 ONG qui s’occupent des  jeunes au Liban mais que le siège de la plupart d’entre elles est à Beyrouth ou au Mont-Liban alors qu’il y en a moins au Sud et à Nabatyeh ?

 Prochain article : Le Liban en chiffres : Mariages tardifs et un aller simple

Crédit photo : http://www.atoute.org/n/article/sante-2-0-perspectives.html

Crédit image : http://images.chefdentreprise.com/Images/Breves/ALaUne/2649/alaunelienimage2649-0.JPG

Source :

رياض طبارة، « حقائق سكانية لبنانية: الشباب 27% من السكان نسبة مشاركة الشباب لم ترتفع كثيرًا منذذ العام 1970″، في جريدة النهار، ١٩ أيار ٢٠١٣، http://newspaper.annahar.com/article.php?t=mahaly&p=11&d=25079

Une ambition qui ne tient qu’à une fenêtre

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«Si seulement j’avais une petite fenêtre, je me serais senti roi. Le problème est que même si je fais un trou dans le mur, je me retrouverai chez les voisins». Si seulement Yassin, jeune marié égyptien de 29 ans, savait que dans toutes les déclarations des droits de l’homme, le droit au logement ne prévoit pas seulement l’existence d’«une fenêtre» mais il prévoit aussi, entre autres, un lieu salubre naturellement aéré et éclairé qui respecte l’intimité et l’indépendance.

Yassin a loué un appartement dans un quartier populaire, qui lui coûte les trois-quarts de son salaire. Mais ce n’est pas un appartement dans le vrai sens du terme : il comprend une seule chambre ainsi qu’une salle avec «cuisine américaine», comme l’appelleraient les personnes de la haute société, mais que la femme de Yassin appelle «poêle, bassin et robinet». Le seul problème de Yassin c’est qu’il n’a pas de fenêtre !

La crise de l’immobilier en Égypte n’est pas d’aujourd’hui ; elle est le résultat des politiques adoptées – depuis l’ouverture économique initiée par l’ex-président Mohammed Anouar el-Sadate- qui se sont rangées du côté des riches aux dépens des pauvres et de la classe moyenne. Ainsi, des lieux aussi insolites et insalubres qu’un garage, qu’un commerce, que les toits des immeubles voire que les cimetières, sans parler des bidonvilles, sont devenus des logements en bonne et due forme.

La crise a atteint son paroxysme au point où les projets de mariage ne tiennent plus qu’à un… appartement. La majorité des jeunes Égyptiens qui désirent se marier se doivent d’avoir un appartement, qu’il soit loué ou acheté. Et comme rares sont ceux qui peuvent se permettre d’acheter une nouvelle maison, la solution pour la plupart est la location. Toutefois, même ce deuxième choix reste difficile puisque les prix des locations sont supérieurs ou égaux aux rentrées de ces jeunes Égyptiens. Le comble, c’est que même ceux qui réussissent à se payer la location ne se sentent pas «bien installés», ou même sont menacés d’éviction. Pire encore, il suffit d’être «propriétaire d’une maison», homme ou femme, pour devenir, aux yeux de tous, le parti idéal !

Si tous les discours politiques revendiquent le droit des jeunes à un logement et celui des jeunes mariés à des crédits et des facilités, ils ne sont que des paroles dans le vent. Les seules victimes de cette crise restent ceux qui sont à la recherche d’un toit pour abriter leur nouveau foyer – même une simple chambre sans fenêtre – en attendant que la nouvelle Constitution consacre le droit au logement.

Le logement et l’itinérance en chiffres

- Plus de 15,5 millions d’Égyptiens vivent dans des bidonvilles, soit plus de 3 millions de familles alors qu’il existe plus de 8,5 millions de logements neufs inhabités.

- Environ 18% des familles égyptiennes vivent dans une seule chambre et partagent les toilettes avec d’autres familles.

- Un quart de million de familles égyptiennes possèdent trois maisons privées, un million en possède deux, 8 millions de familles en possèdent une seule alors que 3 millions n’ont rien.

أمينة خيري.  » الطموح في مصر يرقى إلى نافذة لا تطل على الجيران ! »، في الحياة، 12 نوفمبر/تشرين الثاني 2012، http://alhayat.com/Details/451891

Crédit photo : AFP/OLIVIER LABAN-MATTEI

 

Lorsque l’État libanais aura des dents…

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– Rester dans cet État…JUSQU’A QUAND ?

Un problème que la grande majorité des Libanais connaît bien et dont elle souffre de plus en plus. Et un sujet qui, une fois ouvert, ne peut plus être clos, tellement la folie des prix de l’immobilier fait voler en éclats toute lueur d’espoir des jeunes à faible revenu.

C’est tous les jours que Farid Haykal parcourt les journaux pour y trouver une annonce sur un appartement de moins de 120 000 dollars… mais en vain. Fiancé depuis deux ans, il n’arrive toujours pas à trouver un appartement pour sa future famille. Et pour cause : un appartement de 100 mètres carrés qui coûtait 70 000 dollars, il y a 5 ans, est estimé aujourd’hui  à 140 000 dollars, et ce même dans les régions éloignées de Beyrouth. Ainsi, l’appropriation de biens immobiliers devient de plus en plus le propre de l’élite. Sans oublier que les revenus n’ont pas augmenté et que le taux de chômage chez les jeunes a atteint 34 % selon les estimations de la Banque mondiale.

Selon l’agent immobilier Elias Hanna, la hausse déraisonnée du prix des petits et moyens appartements est due à l’augmentation de la demande de la part de Libanais résidents et non résidents et à la cupidité des courtiers immobiliers, des entrepreneurs et des propriétaires de terrains. Par ailleurs, la « ruée vers » les profits des promoteurs immobiliers en l’absence de l’intervention de l’État pour enrayer l’inflation réduit largement le pouvoir d’achat immobilier des jeunes.

Obstacle numéro un pour un ménage désireux d’acheter un appartement : un premier versement de l’ordre de 20 % du prix de l’appartement à verser à l’Établissement public pour l’habitat (EPH) pour obtenir un prêt, soit 20 000 à 30 000 dollars pour un appartement de 100 000 à 150 000 dollars. Pas facile, surtout si les parents n’ont pas mis de l’argent de côté pour leurs enfants ! Obstacle numéro deux : des conditions imposées par les banques avant d’octroyer tout crédit immobilier, à savoir que l’emprunteur doit être employé cadré depuis plus de deux ans ou exercer une profession libérale depuis plus de trois ans et que ses revenus mensuels ne soient pas inférieurs à 2 000 dollars, soit quatre fois le salaire minimum.

Et ce n’est pas tout… Même la minorité qui a pu régler le premier versement souffre des taux d’intérêt trop élevés des banques. Fares Khachane en est un exemple : il se plaint d’avoir payé à la banque au bout de 30 ans un montant global de 265 000 dollars pour un prêt de 150 000 dollars. Le risque est aussi élevé, d’autant plus que tout défaut de paiement conduit à une perte de l’immobilier après une courte période de grâce.

Et la location ? Pas une solution non plus au Liban ! 500 dollars en moyenne par mois pour un appartement des plus petits dans la banlieue de Beyrouth, ça vous tente ? Après tout, ce n’est pas pour rien que le nom de Beyrouth est ressorti dans une étude effectuée par le conseil international en immobilier d’entreprise Cushman and Wakefield sur les villes les plus chères au monde du point de vue loyer d’appartement. Notre capitale a été classée 37ème au monde, 13ème au Moyen-Orient et en Afrique et 1ère sur 10 villes arabes. De quoi être fiers !

Témoignage de Darine Khairallah, une citoyenne qui a fini par se résoudre à parcourir chaque jour de très longues distances pour arriver à son travail. « Les prix des loyers dépassent la moitié de mon salaire, même avec une colocataire », explique-t-elle. « La seule alternative aurait été de vivre avec plusieurs colocataires dans un appartement de 70 mètres carrés », confie-t-elle. Alternative que la jeune femme a, bien entendu, laissé tomber…

Ce problème n’est  pas, par ailleurs, sans répercussions négatives, comme l’explique la spécialiste des sciences sociales, Rana Tabet. Ne pas avoir d’appartement implique une dépendance des jeunes qui peut les conduire à la dépression et à la recherche d’une issue différente pour réaliser leurs rêves, telle que l’immigration, ou même le vol et le trafic de drogue.

La seule et unique solution selon elle : l’intervention efficace de l’État « afin d’imposer aux promoteurs immobiliers une ligne rouge à ne pas franchir et de les empêcher d’exploiter les citoyens ». Sinon, comment ces derniers regagneraient-ils la confiance en leur pays et penseraient-ils à y rester pour de bon et à s’approprier des biens immobiliers ?

Joséphine CANAAN

فيرونيك أبو غزاله، « لبنان: مشاريع زواج مؤجلة بانتظار حلم الشقة »، في جريدة الحياة، ١٢ نوفمبر ٢٠١٢، http://alhayat.com/Details/451885