Les « blues » du retour

Le retour reste l’étape la plus délicate d’un voyage. C’est au moment précis de prendre l’avion que tu jettes un dernier regard au loin, que tu soupires. Rentrer ressemble à une déception amoureuse, à se réveiller d’un rêve qui nous était plus que familier et à s’obliger à reprendre le « train-train »  quotidien.

Bonheur des retrouvailles

Tu te motives en te rappelant que chez toi, il y a ceux qui t’aiment. Tu songes au plaisir de les revoir, car s’ils n’y étaient pas, qu’est-ce-qui nous pousserait réellement à rentrer ?

Recherche d’évasion

Tu rentres de nouveau dans ce cycle social monotone et tout ce qui te reste du voyage sont les souvenirs qui prennent vie sous une forme d’échappatoire, d’évasion de ce quotidien brusque et amer.

Souvenirs, souvenirs
Je vous retrouve dans mon cœur

Ailleurs, à la même heure

18h pile. Que faisais-tu en Suisse à cette heure-ci ? Tu admirais le coucher du soleil près du lac Léman. Et à Beyrouth, que fais-tu ? Tu es coincé au bureau te remémorant une jolie balade dans les ruelles de Grenade en Espagne, une randonnée à Assise en Italie, ou tout simplement les beaux paysages vus à travers la fenêtre d’un train à destination inconnue.

Quai d’Ouchy (Lausanne, Suisse), au bas de la colline, au bord du lac

Retour à la réalité

Le voyage achevé, tu retrouves tes repères. Reprends ton boulot avec beaucoup plus de motivation, enchaîne avec des projets concrets. Apprends à contrôler ce chamboulement, à encaisser le tout. C’est ainsi que tu planifieras ton nouveau départ.

Le retour est-il aussi, pour toi, une épreuve difficile ?

À mes très chers parents !

Beyrouth, le 12 mai 2014

Mes très chers parents,

Je vous envoie cette lettre pour vous expliquer mon statut de traductrice, plutôt indépendante tout comme l’est mon pays !

Papa, mon ordinateur portable n’est pas une console de jeux comme les Atari et Nintendo que vous m’aviez achetés quand j’étais petite, ni un jukebox pour écouter toutes sortes de musiques et rechercher dans les archives les chansons de Warda et Oum Koulthoum.

Maman, je sais que je passe un temps fou devant « ça », ou « cet écran qui te fatigue les yeux », comme tu le répètes sans cesse. Et non, maman, je ne peux pas prendre un break, sortir faire des courses puis revenir et poursuivre mon travail. Pourquoi ? Parce que j’ai des délais stricts à respecter coûte que coûte !

Mes très chers parents, vous êtes les meilleurs au monde, les plus doux et les plus tendres. Il est tellement important pour moi que vous sachiez qu’une traductrice indépendante veut dire : pas de week-ends parfois, des nuits blanches assez souvent, un document urgent fréquemment et, par conséquent, un temps inimterrompu devant l’écran de mon portable !

Tout mon amour,

Votre fille