Dylan

Quand Bob Dylan chante son Nobel de la littérature…

BOB DYLAN: 2016 NOBEL PRIZE FOR LITERATURE

Dylan

Cartoon by Rob Rogers, The Pittsburgh Post-Gazette :
 http://thecomicnews.com/edtoons/2016/1019/dylan/03.php

 

Combien de chansons un chanteur doit-il composer
Avant que le prix Nobel ne lui soit accordé ?

Et combien d’auteurs mécontents vont-ils pleurer,
Le maudire, et l’enfer lui souhaiter ?

Eh bien mon ami
Écoute dans le vent,
Écoute la réponse dans le vent

اعتنقت ديانتين

 انها الثانية عشرة بعد منتصف      الليل  باب غرفتي مغلق، بالقرب من نافذتي


انها الثانية عشرة بعد منتصف
الليل  باب غرفتي مغلق، بالقرب من نافذتي

إنها الثانية عشرة بعد منتصف الليل

باب غرفتي مغلق، الكرسي قرب النافذة :

أم تصرخ، أب يبكي، يحمل بين يديه جثة ابنه و في قلبه حسرة تكاد تخنقه وتقتلك معه في آن

أطفال في الشوارع نهبت المآسي براءتهم

ياسمينة قطعت شوكة الإغتصاب أوراقها، فذبلت قبل أن يستحيل برعمها زهرة

 ثورة مجهولة المصير ، مشرّدة الوالدَيْن، لا تضمّد فيها الجراح  سوى بالجراح

مدينة مسجدها وكنيستها ترويان حكاية عشق عنوانها : ومن الحب ما قتل

على الطرقات أبناء الإنجيل والقرآن اتقنوا القتل والإقتتال

تقارب بينهم بات مستحيلا، فبين اليد و اليد سرب شائك من الأسلاك

مسؤول يشتم، وآخر يرد  ليعظ الشعب و أعظم إنجازاته: الإخفاق

عنصرية أمة شرّدت أهلها وأسلمت أخيها الإنسان إلى الموت والجوع

طاغية يرعبه صوت حناجر صارخة، فيرد برصاصة غاشمة لا تقتل إلّا الأموات

جثث متراكمة هنا وهناك يفوح منها عطر الحياة

أشخاص رحلوا

آخرون هنا، سيرحلون

صور و مشاهد…

أغمض عينيّ

حول عنقي طوق خانق

لم أعد أشعر،

إنه الفراغ.

…………………….

حضن يرعى أطفال الشوارع

رجل فهم أن رغباته لن تشفيها ياسمينة، فرأى هزيمة أشواكه أمام رقتها

ثورة تكوّنت في رحم الحرية والثقافة

اكتملت،

لقد حان وقت الولادة !

كنيسة ومسجد لم يعد يتقن ابناؤهما سوى شهوة الإدمان

الإدمان على الحب والتصالح،

رصاصات تموت يوم تلتقى أجنحة عصفور السّلام

مجتمع لم يعد فيه الحديث عن الدين والجنس عيب

إنما السكوت والصّمت عن الظلم والفساد وحده حرام

مجتمع فاح فيه عبق الحياة وطلّق الموت ترابه

صور و مشاهد…..

من جديد

إنه الفراغ

 لم أعد أشعر،

 لم أعد أرى

اعترف علانية :

لقد اعتنقت ديانتين

الأولى ديانة الخيبة

والثانية ديانة الأحلام.

Si…

Imaginez que vous possédez un pouvoir magique pour accomplir tout ce qui vous vient à l’esprit, pour résoudre n’importe quel problème, pour briser tous les obstacles et voir la vie en rose !

 

Si la femme devenait un homme,

Si l’orange devenait une pomme,

Si l’orage était avant l’éclair,

Si l’eau quittait la rivière,

Et Robert s’appelait Claire,

sarkmy60-b3a16Si sur pause on pouvait mettre notre vie,

Et éloigner tranquillement toutes formes de soucis,

                                                                                                    Si nos fautes on pouvait effacer,

                                                                                                    Et tout dès le début recommencer,

Si le vent soulevait la surface de la Terre,

Pour sauver ceux qui sont en Enfer

                                                                                         Si notre main vers le ciel on pouvait tendre,

                                                                                         Pour choisir un ange et entre nous le rendre,

Si les pensées des autres on pouvait  lire,

Et à une meilleure fin aboutir,

                                                                                     Si « grossir» n’existait pas dans le dictionnaire

                                                                                     On ferait du chocolat la base du régime alimentaire,

Si les animaux notre langue pouvaient apprendre,

Et nos meilleurs amis on pouvait les rendre

                                                                                           Si mes parents je pouvais choisir,

                                                                                           Je m’assurerais qu’eux-mêmes j’allais obtenir,

Si à travers la télévision on pouvait passer,

Et apparaître tout près de nos acteurs préférés,

                                                                                   Si les larmes guérissaient les blessures

                                                                                   Et d’un pouvoir magique se transformaient en une cure,

Si Newton la pomme avait mangé,

Et calmement sa sieste avait continué,

Si tout se passait comme je veux

Je n’irais plus au boulot,

                          Je resterais tout le temps au bord de l’eau,

C’est mon rêve, c’est ma vie

Je ne changerai plus mon avis

Quand la tradaptation échappe aux traducteurs…

Toute réécriture est une transposition, considère le célèbre critique et théoricien littéraire Gérard Genette : on transpose et on transforme le texte en changeant son contexte (historique ou géographique), son angle de vue, ses personnages, son intrigue etc. La traduction est aussi une forme de transposition puisqu’elle consiste à modifier le texte en le transposant d’une langue à une autre. Mais selon Genette, la traduction est aussi « la forme la plus voyante et la plus répandue » de la transposition, donc la forme la plus répandue de la réécriture.

Et c’est bien normal que la traduction soit la plus répandue parmi les réécritures puisqu’avant de modifier le texte, l’écrivain doit le comprendre. Cependant, nous remarquons que même l’acte de traduire est parfois pris en charge par des écrivains qui arrivent à traduire brillamment certaines œuvres comme dans le cas de Baudelaire qui a magnifiquement traduit Edgar Allan Poe.

Par exemple, au Liban, certaines œuvres ont été traduites, modifiées, adaptées à la culture libanaise et représentées par la même personne: la célèbre pièce de théâtre de George Bernard Shaw et qui s’intitule My Fair Lady – qui est d’ailleurs une réécriture du mythe de Pygmalion – a été traduite et adaptée à la libanaise par le dramaturge libanais Roméo Lahoud. Ainsi, My Fair Lady devient Bent El Jabal (la fille campagnarde) : la langue change de l’anglais au libanais, les personnages et les régions changent de nom, mais l’intrigue demeure la même.

Ceci est aussi le cas du célèbre dramaturge, acteur et metteur en scène libanais Antoine Moultaka qui a été l’un des premiers à introduire le théâtre au Liban et dans le monde arabe. Il a fidèlement traduit et représenté de nombreuses pièces connues comme Caligula de Camus Macbeth et Hamlet de Shakespeare, la Résistible Ascension d’Arturo Ui de Brecht, etc. À part la langue, il a aussi modifié le mode de représentation de Dix petits nègres (de son titre original And Then There Were None) d’Agatha Christie en transposant le roman policier anglais en l’un des meilleurs feuilletons classiques libanais. Les Chaises de Ionesco et En attendant Godot de Beckett ont été aussi traduites et représentées sur scène grâce au dramaturge et metteur en scène Roger Assaf.

Grâce à ses œuvres traduites, le spectateur non seulement assiste à des pièces de théâtre, mais il devient immédiatement exposé à la culture et aux messages de la traduction directe qui sort des livres pour se manifester sur scène.

La traduction adaptée ou la réécriture peut être donc confiée au dramaturge, au metteur en scène, au poète ou à l’écrivain, sauf si ce dernier désire ajouter ses propres visions et adaptations au texte. Sinon, il vaut mieux laisser la traduction aux traducteurs.

05

Dix petits nègres est une transposition libanaise qui a modifié à la fois la représentation et la langue

Écrire pour qui et pourquoi ?

Est-ce que l’acte d’écrire est soumis aux lois de la phénoménologie ? Cette doctrine philosophique nous montre qu’une table n’est pas une table à moins qu’elle ne soit utilisée. Est-ce que l’écriture alors reste un acte inachevé, voire manqué tant qu’elle n’est pas lue ? Autrement dit, est-ce la lecture qui met en exergue l’écriture et la rend plus réelle ?

L’écrivain ne peut certainement pas vivre sans son lecteur, comme l’acteur qui ne vit pas sans son spectateur, comme le prof qui ne vit pas sans ses étudiants et vice versa. Mais en général, on écrit car l’on éprouve ce besoin d’écrire. Parfois, on écrit car l’écriture est un acte exorciste et purifiant. Ainsi, l’écrivain trouve son salut dans son œuvre.

Le créateur a besoin de ses créatures, certes – et voilà pourquoi Dieu a créé l’homme. Or, « l’homme est une création du plaisir et non pas du besoin », comme dit Gaston Bachelard. Néanmoins, la créature éprouve plus de besoin pour son créateur : c’est le lecteur qui cherche l’écrivain, c’est le spectateur qui suit l’acteur et ce sont les fidèles qui adorent Dieu et non pas l’inverse.

Dieu créa l’homme à son image. La créature ressemble donc au Créateur. Par conséquent, la créature qui peut créer est à son tour un dieu et  un créateur orgueilleux : «Je veux vivre puissant et orgueilleux puisque je fus créé à l’image de Dieu »,  dit le poète-créateur Apollinaire.

Mais il faut noter que le créateur ou le Créateur est orgueilleux mais pas narcissique car il peut bel et bien vivre sans sa créature mais il préfère vivre avec.

 En effet, l’écrivain écrit pour le plaisir, pour la beauté, pour la réforme, pour l’évolution, pour la purification, etc. Qu’on lise ses écritures ou pas, ceci n’est plus la question car il a déjà transmis son message, il a déjà évolué et éprouvé du plaisir. Ce plaisir grandira avec le partage. Mais le non-partage n’annihile pas la présence du plaisir. Le non-partage n’efface pas ce qui a été écrit sur les pages même s’il n’a pas été lu.

L’acte de plaisir et d’écrire se concrétise avec ou sans le lecteur. Et comment concrétiser cet acte alors que  nous vivons dans un siècle où le lecteur devient de plus en plus incurieux et désenchanté, où les seuls « comments » qui pourraient l’attirer sont ceux des réseaux sociaux et de l’application WhatsApp ?!

« Un livre est une bouteille jetée en pleine mer sur laquelle il faut coller cette étiquette : attrape qui peut », dit Musset. C’est au lecteur donc d’attraper la torche de la connaissance attisée déjà par l’écrivain; mais peu importe si ce lecteur l’attrape ou pas…

…car,

Chers lecteurs,

À l’impératif on ne peut conjuguer

Ni le verbe lire ni le verbe aimer

Qu’on me lise ou pas n’est pas vraiment la loi

Car avant et après tout, je n’écris que pour moi !

Fragonard,_Inspiration

1604455_10152161934661133_121632534_n

 

 

 

 

 

 

 

 

L’écrivain regardant des lecteurs…

Est-ce que l’écriture et la lecture sont réciproques?