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Palestine : La « Plateforme de l’innovation » au service des jeunes talents

Face aux traditions qui monopolisent le paysage culturel en Palestine, des jeunes se révoltent à leur manière et créent une plateforme d’échange. Cette initiative vise à mettre en valeur les jeunes talents dans différents domaines dont la littérature, la poésie, le théâtre, et l’art…

Repoussés et marginalisés, de nouveaux talents palestiniens trouvent dans la « Plateforme de l’innovation » (بسطة الإبداع) un moyen de s’exprimer et de montrer leurs aptitudes. Le nom de cette plateforme en arabe (basta) rappelle les étalages en bois sur lesquels les camelots (marchands ambulants) exposent leur marchandise. Non, ce n’est pas une coïncidence. Ce nom illustre la facilité de l’échange culturel sur cette plateforme et de la mise à jour de son contenu.

La Plateforme voit le jour suite à des discussions sur le réseau social Facebook entre quelques jeunes qui lancent une initiative visant à mettre en valeur les jeunes talents marginalisés. Ils organisent alors une pièce de théâtre à Ramallah le 17 avril 2010 ciblant les jeunes intéressés par la culture. Suite au vif succès de cette première tentative, la « Plateforme de la poésie », consacrée aux talents poétiques de différents styles, voit le jour. Une troisième étape s’ensuit : la « Plateforme de couleurs » qui fait appel aux talents artistiques. Finalement, le projet « Visions » est lancé et  vise à dévoiler les jeunes talents dans les écoles.

 

La "Plateforme de l'innovation" prend vite du succès.  Crédit photo: http://www.alapn.com/ar/news.php?cat=2&id=14358

La « Plateforme de l’innovation » remporte un vif succès.
Crédit image : http://www.alapn.com/ar/news.php?cat=2&id=14358

Ouverte à tous, la « Plateforme » ne juge les personnes que d’après leurs talents. « Même les handicapés jouissant de talents exceptionnels y sont les bienvenus », déclare fièrement la personne en charge du projet, Mohamed Radi Ata.

Cette initiative vient adoucir les mœurs dans une région marquée par les conflits et les guerres. Elle permet aux jeunes Arabes de s’exprimer en beauté et d’oublier le climat de violence dans lequel ils vivent.

بديعة زيدان، « «بسطة إبداع» تدعم مواهب فلسطينية مهمشة » »، في جريدة الحياة،  ، 5 كانون الثاني 2014

http://alhayat.com/Details/589645

 

 

L’Algérie ou… le syndrome du tombeau terrestre

credit image : http://www.zawya.com/story/Focus_on_housing-ZAWYA20120513081044/

Crédit photo : http://www.zawya.com/story/Focus_on_housing-ZAWYA20120513081044/

Les prix de l’immobilier montent en flèche, la demande explose, les maisons deviennent un bien précieux et on vit toujours dans la misère. En Algérie, la demande explose. L’offre, quant à elle, stagne voire se réduit comme une peau de chagrin.

« Des appartements, nous voulons des appartements ! » C’est cette requête que l’on entend dans les rues depuis deux ans et qui exprime bien le mécontentement des citoyens.

En Algérie, comme dans plusieurs pays arabes, se marier c’est aussi avoir sa propre maison. Mais avec les difficultés que rencontrent les couples pour trouver un logement digne de ce nom, tout est remis en question.

Les choix ne manquent pas mais ils sont tous pires les uns que les autres : s’entasser par dizaines dans de petites demeures, dormir à tour de rôle, vivre au sein de la famille élargie avec tous les problèmes que cela suppose, occuper les toits de demeures construites à la va-vite avec des matériaux de base. Résultat : les quartiers populaires algériens se remplissent et les demeures de misère se multiplient.

Ce fait économique a donné naissance à un phénomène social tout neuf. Pas d’appartements, pas de mariage ! En réalité, les jeunes préfèrent abandonner leurs projets de mariage à cause du problème de logement et se résignent au célibat pour de bon. D’après des statistiques officielles, neuf millions d’Algériens des deux sexes sont célibataires. Pour ceux qui « osent » se marier, l’issue n’est pas toujours heureuse : 4 000 cas de divorce sont recensés par an !

Une réalité amère que vit quotidiennement la jeunesse algérienne. Et lorsque, miracle, un jeune couple trouve la perle rare qui lui servira de cocon familial et de catalyseur du mariage, il ne se doute pas de la chance qu’il a. D’où le nouvel adage lorsqu’un couple trouve un toit :  « Nous avons trouvé notre tombeau terrestre en attendant notre tombeau éternel 

La crise du logement en Irak : Principale cause de divorce

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En Irak, la crise du logement inquiète car elle semble être la principale cause de divorce.

Les jeunes Irakiens ne peuvent presque jamais espérer vivre dans leur propre maison après le mariage. Résignés, les hommes acceptent le fait accompli et préfèrent vivre dans une petite chambre au sein de la maison familiale plutôt que d’assumer la responsabilité d’une maison qui grèvera leur budget. Par contre, les femmes font de tout pour avoir leur propre chez soi, même exigu, en sacrifiant la moitié voire le trois-quarts de leur salaire. Et si elles osent se plaindre de la hausse des loyers, leurs époux ne manquent pas de leur reprocher d’avoir pris l’initiative de préférer leur propre chez soi à la maison des beaux-parents !

Mais habiter chez la belle-famille n’est pas de tout repos compte tenu des conflits entre belle-mère et belle-fille qui conduisent parfois au divorce. Le ministère irakien de la Justice a d’ailleurs constaté, dans ses rapports publiés en début d’année, que le taux de divorce a augmenté en Irak et surtout à Bagdad. La cause principale invoquée est la crise du logement qui pousse les jeunes couples à habiter avec la belle-famille.

Pour éviter le pire, de nombreux couples ont choisi de s’éloigner de la capitale, là où les logements sont plus abordables et là où il leur est possible de mener une vie décente.

Pour résoudre la crise de logement, il est nécessaire de construire des centaines de milliers d’unités résidentielles en Irak. Mais quand les jeunes couples ont des rentrées mensuelles de moins de 1200 dollars ou quand la famille de la fille n’est pas assez aisée pour lui offrir un logement, avoir son propre chez soi devient un rêve inaccessible.

Source :

خلود العامري، « ارتفاع نسب الطلاق في العراق بسبب السكن »، في جريدة الحياة، 12 نوفمبر/تشريت الثاني 2012

http://alhayat.com/Details/451892

Une ambition qui ne tient qu’à une fenêtre

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«Si seulement j’avais une petite fenêtre, je me serais senti roi. Le problème est que même si je fais un trou dans le mur, je me retrouverai chez les voisins». Si seulement Yassin, jeune marié égyptien de 29 ans, savait que dans toutes les déclarations des droits de l’homme, le droit au logement ne prévoit pas seulement l’existence d’«une fenêtre» mais il prévoit aussi, entre autres, un lieu salubre naturellement aéré et éclairé qui respecte l’intimité et l’indépendance.

Yassin a loué un appartement dans un quartier populaire, qui lui coûte les trois-quarts de son salaire. Mais ce n’est pas un appartement dans le vrai sens du terme : il comprend une seule chambre ainsi qu’une salle avec «cuisine américaine», comme l’appelleraient les personnes de la haute société, mais que la femme de Yassin appelle «poêle, bassin et robinet». Le seul problème de Yassin c’est qu’il n’a pas de fenêtre !

La crise de l’immobilier en Égypte n’est pas d’aujourd’hui ; elle est le résultat des politiques adoptées – depuis l’ouverture économique initiée par l’ex-président Mohammed Anouar el-Sadate- qui se sont rangées du côté des riches aux dépens des pauvres et de la classe moyenne. Ainsi, des lieux aussi insolites et insalubres qu’un garage, qu’un commerce, que les toits des immeubles voire que les cimetières, sans parler des bidonvilles, sont devenus des logements en bonne et due forme.

La crise a atteint son paroxysme au point où les projets de mariage ne tiennent plus qu’à un… appartement. La majorité des jeunes Égyptiens qui désirent se marier se doivent d’avoir un appartement, qu’il soit loué ou acheté. Et comme rares sont ceux qui peuvent se permettre d’acheter une nouvelle maison, la solution pour la plupart est la location. Toutefois, même ce deuxième choix reste difficile puisque les prix des locations sont supérieurs ou égaux aux rentrées de ces jeunes Égyptiens. Le comble, c’est que même ceux qui réussissent à se payer la location ne se sentent pas «bien installés», ou même sont menacés d’éviction. Pire encore, il suffit d’être «propriétaire d’une maison», homme ou femme, pour devenir, aux yeux de tous, le parti idéal !

Si tous les discours politiques revendiquent le droit des jeunes à un logement et celui des jeunes mariés à des crédits et des facilités, ils ne sont que des paroles dans le vent. Les seules victimes de cette crise restent ceux qui sont à la recherche d’un toit pour abriter leur nouveau foyer – même une simple chambre sans fenêtre – en attendant que la nouvelle Constitution consacre le droit au logement.

Le logement et l’itinérance en chiffres

- Plus de 15,5 millions d’Égyptiens vivent dans des bidonvilles, soit plus de 3 millions de familles alors qu’il existe plus de 8,5 millions de logements neufs inhabités.

- Environ 18% des familles égyptiennes vivent dans une seule chambre et partagent les toilettes avec d’autres familles.

- Un quart de million de familles égyptiennes possèdent trois maisons privées, un million en possède deux, 8 millions de familles en possèdent une seule alors que 3 millions n’ont rien.

أمينة خيري.  » الطموح في مصر يرقى إلى نافذة لا تطل على الجيران ! »، في الحياة، 12 نوفمبر/تشرين الثاني 2012، http://alhayat.com/Details/451891

Crédit photo : AFP/OLIVIER LABAN-MATTEI

 

Avoir son propre toit au Koweït est un droit consacré par la Constitution et pourtant…

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Demandes de logement : une longue attente…

Au Koweït, les jeunes couples sont acculés à vivre dans la maison familiale malgré le fait que le droit au logement est consacré par la Constitution.

Au Koweït, c’est un droit constitutionnel que d’avoir son propre toit. Ainsi, dès 1954, une institution publique d’aide au logement assure des unites d’habitation pour tous les budgets. Si ce logement n’est pas disponible, cette institution verse la somme de 150 dinars (environ 500$) pour permettre à la famille en question de louer une maison en attendant. La femme koweitienne dispose aussi de droits qu’elle soit mariée à koweitien ou à un non-koweitien, qu’elle soit célibataire et âgée de plus de 40 ans ou qu’elle soit veuve ou divorcée…

Où réside le problème, donc ? Le Koweït est réputé pour son niveau de vie élevé et les citoyens bénéficient de la générosité d’un État providence financé par les recettes pétrolières. Cependant, pour obtenir un logement, l’attente devient de plus en plus longue.

Marié depuis 10 ans, Talal Abdallah vient d’acquérir sa nouvelle maison subventionnée par le gouvernement. Talal est considéré comme chanceux parce que certains attendent leur tour pendant 15 ans. Où a-t-il donc habité pendant les dix premières années de son mariage ? « Dans la grande maison familiale, confie-t-il, et c’est une tradition propre à la société tribale qui permet au jeune homme d’habiter la maison de ses parents en attendant d’avoir son propre toit. »

Par contre, Noura El-Khaled, nouvellement mariée, n’a pas voulu attendre aussi longtemps. Elle a choisi de louer un appartement. À sa grande surprise, le loyer dépassait de beaucoup l’aide au logement versée par le gouvernement : 500 dinars contre 150…

Mais pourquoi les jeunes couples doivent-ils attendre si longtemps avant d’avoir leur propre logement ? Trois raisons sont souvent invoquées. D’abord, la hausse de la demande par rapport à l’offre : les chiffres officiels indiquent que les demandes sur le logement ont augmenté  avec 98 000 demandes cette année contre 11 seulement en 1985. Une hausse due essentiellement à une évolution au niveau de la société : le passage de la famille élargie à la famille nucléaire. Ensuite, le manque de parcelles de terrain allouées pour la construction d’habitations exacerbe la crise : il n’est possible de construire que sur 7% seulement de toute la superficie du pays. En effet, 90% des terrains sont monopolisés par l’État pour les champs pétroliers,  les bases militaires, l’installation des lignes haute tension, etc. Enfin, la hausse des frais de construction de nouvelles unités d’habitation ne fait que retarder les échéances.

Cette crise à l’effet boule de neige risque de perdurer : les jeunes Koweitiens sont condamnés à s’armer de patience en attendant des jours meilleurs.

Source :

ريما البغدادي. « دستور الكويت : يكفل حق السكن لكن الشباب لا يحبون الانتظار! »، في جريدة الحياة، 12 نوفمبر/تشريت الثاني 2012

http://alhayat.com/Details/451887