Quand la pauvreté entre par la porte, le bon sens s’en va par la fenêtre !

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Apparemment, un nouveau métier a vu le jour dans la société jordanienne. Au lieu de vivre dans la pauvreté et l’humiliation, les Jordaniens choisissent de devenir des cobayes humains pour des firmes pharmaceutiques américaines et européennes.

« Il est préférable de ressentir des douleurs ou d’être pris d’un vertige pendant quelques minutes que de rester à la maison sans un sou », estime Talal, un jeune homme de 25 ans qui se trouve au chômage comme beaucoup d’universitaires jordaniens. « Mon père a payé une fortune pour que je poursuive mes études, alors je ne peux pas rester à la maison en attendant que quelqu’un m’appelle pour une entrevue », ajoute-il. Il y voit aussi un acte humanitaire pour sauver des millions de vies.

Le chômage n’est malheureusement pas le seul motif. Criblé de dettes, Hazem, père de six enfants, se soumet à ses essais depuis cinq ans. Craignant la prison pour ses dettes impayées et la perte de son emploi à cause de la situation économique précaire des industries jordaniennes, il considère ces essais comme sa seule planche de salut.

Une situation idéale pour les firmes pharmaceutiques, surtout après les restrictions imposées sur les essais cliniques pratiqués sur les êtres humains en Europe et aux États-Unis. Les entreprises trouvent en Jordanie un marché qui leur permet de réduire considérablement les coûts de la recherche. Elles ont recours aux courtiers pour recruter des cobayes humains qui sont juste tenus de signer le formulaire de consentement éclairé et ne reçoivent comme indemnité que la maigre somme de 160 dinars jordaniens (environ 225 dollars américains).

Pour les autorités, ces essais respectent la loi. Le directeur général de l’Agence jordanienne des produits alimentaires et médicamenteux, Haeil Obeidat, affirme que l’Agence suit de près le travail des centres de recherche pharmaceutique. Quant au ministre jordanien de la Santé, Docteur Abdel Latif Wreikat, il soutient que les recherches sont soumises aux principes de la Déclaration d’Helsinki qui encadrent les essais cliniques.

Pour les défenseurs des droits de l’homme, comme le chef de l’Organisation arabe des droits de l’homme, Hani Dahleh, les essais sur les humains sont contraires aux lois divines et humaines.

Quoiqu’il en soit, les Jordaniens sont pris entre l’enclume de la pauvreté et le marteau des effets secondaires (nausées, vomissements, palpitations, rhinite, etc.). Ventre affamé n’a point d’oreilles…

Source :

ماهر الشوابكة، « شباب أردنيون «فئران مختبرات» الأدوية … لمواجهة البطالة »، في جريدة الحياة، ١٧

فبراير ٢٠١٣، http://alhayat.com/Details/484077

 

Sida : Guérison en vue ou presque…

 

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Crédit Illustration : http://www.legox.com/wp-content/uploads/2009/02/sida.jpg

La médecine n’a pas fini de nous surprendre. Alors qu’on croyait que toute personne atteinte du SIDA était condamnée à perpétuité en quelque sorte, un nouvel exploit américain vient nous prouver tout le contraire. En réalité, une équipe de médecins américains au Mississipi a réussi à guérir un enfant atteint du virus. Une révélation dans le monde de la médecine mais avant tout un traitement bancal, soutenu par une petite dose de négligence et surtout beaucoup, beaucoup de chance.

Mars 2013, la nouvelle tombe. Un bébé naît dans un hôpital de l’état du Mississipi aux États-Unis avec le virus du SIDA contracté par sa mère qui, elle-même, ignorait tout de son état. Rapidement, après la naissance et le dépistage du virus, une équipe médicale est mobilisée afin d’établir une stratégie, in extremis, qui permettra de limiter autant que possible les dégâts de la maladie. Cette stratégie s’est basée sur une trithérapie, administrée juste après la naissance et combinant trois molécules différentes, et non pas sur un ou deux médicaments antirétroviraux comme c’est la règle. Le plus exceptionnel dans cette affaire, c’est l’arrêt du traitement à partir de l’âge de 18 mois. Au cours d’environ six mois, la mère et l’enfant n’ont plus donné signe de vie et se présentent de nouveau à l’hôpital quand l’enfant atteint l’âge de deux ans. Et miracle ! Le bébé ne présente plus aucun signe de la maladie.

Si certains commencent à croire au miracle, d’autres restent plus perplexes voire sceptiques, car, en réalité, les raisons de la guérison de ce patient restent inconnues inexpliquables et mystérieuses.

Cette guérison serait-elle une vraie révolution pour la science et la médecine ? Ou est-ce un concours de circonstances ? Mais ce qui et le plus injuste c’est que ce traitement dit fonctionnel semblerait réservé aux pays développés où les médicaments et les équipes médicales de haut niveau sont facilement accessibles.

Quoiqu’il en soit, cette guérison qui constitue le noyau de l’affaire, pousse les nombreux médecins qui travaillent sur ce cas à élucider le mystère ; à entamer des recherches, et pour certains optimistes, à envisager de généraliser un traitement similaire.

Crédit image : http://sang-pour-100-don-de-vie.over-blog.com/article-jeanne-mas-toute-premiere-fois-103188352.html

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D’ici-là, si vous êtes séropositif vous ne devez en aucun cas arrêter votre traitement mais le poursuivre afin de limiter les dégâts. Si vous n’êtes pas séropositif, alors sortez couverts !

 

• Ian Sample, “US doctors cure child born with HIV’, in The Guardian, http://www.guardian.co.uk/society/2013/mar/03/us-doctors-cure-child-born-hiv, March 4, 2013.
• Sarah Boseley. HIV ‘cure’: is it the breakthrough it seems?”, in The Guardian, http://www.guardian.co.uk/society/2013/mar/04/hiv-cure-is-breakthrough-seems, March 4, 2013.