Quand « démission » devient synonyme de « travail sans excès »…

 Le « quiet quitting », traduit en français par « démission silencieuse » ou « abandon silencieux », fait non seulement le buzz sur les réseaux sociaux, mais il est aussi au centre des débats dans les entreprises. Pour les employeurs, ce mot représente l’attitude de leurs employés qui assurent le strict minimum au travail. Pour les employés, il représente, par contre, leur volonté d’assurer le strict nécessaire.

Un néologisme pour décrire un phénomène ancien

Ce néologisme « quiet quitting » ou « démission silencieuse » désigne un phénomène bien connu, celui du désengagement des employés. Par ailleurs, il intervient dans la foulée de la « Grande Démission » post-Covid à un moment où les employés souffrent d’un épuisement professionnel sans précédent et se trouvent contraints de retourner au travail en présentiel.

Entre le strict minimum

Refuser d’accomplir certaines tâches, faire preuve d’un manque de motivation, être moins productif et ne plus interagir au sein de l’équipe, en un mot, travailler juste assez pour ne pas perdre son emploi. C’est ainsi que les employeurs décrivent cette ‘attitude-virus’ dont la propagation inquiète les entreprises au plus haut point.

….et le strict nécessaire 

Les employés perçoivent la démission silencieuse autrement. Ils ne renoncent tout simplement pas au travail. Cependant, ils remettent en cause la culture de productivité toxique (ou « hustle culture »), et ils refusent l’idée de se surpasser au travail. En d’autres termes, ils refusent de prioriser leur vie professionnelle au détriment de leur vie personnelle. Ils choisissent donc de « se la couler douce » en se contentant de s’acquitter de leurs tâches à la perfection.

À bas le « quiet quitting » !

Accusant le terme « quiet quitting » de défigurer la réalité, certains employés ont pris l’initiative de le remplacer par d’autres, plus expressifs, comme :

  • «working at work » (travailler juste aux heures de travail) ;
  • «DYJ : Doing Your Job » (faites votre part de travail) ;
  • « acting your wage » (tout travail mérite salaire) ou
  • «working to thrive » (travailler pour s’épanouir).

En français, pour l’Office québécois de la langue française, c’est le terme « désengagement discret », et non le terme «démission silencieuse», calqué sur l’anglais, qui est conseillé car le salarié ne démissionne pas mais réduit son engagement au travail.

Zen au travail – https://www.ucciani-dessins.com/zen-au-travail/

Tout ce débat entre deux perceptions différentes nous montre vraiment l’impact que peuvent avoir les mots sur notre manière de voir les choses. Cela vous fait-il penser à d’autres dénominations impropres qui font polémique ? Si oui, faites-nous-en part dans les commentaires !  


Sources : Amina KILPATRICK (August 19, 2022). What is ‘quiet quitting,’ and how it may be a misnomer for setting boundaries at work. HTTPS://WWW.NPR.ORG/2022/08/19/1117753535/QUIET-QUITTING-WORK-TIKTOK

Taylor TELFORD (August 21, 2022). ‘Quiet quitting’ isn’t really about quitting. Here are the signs. https://www.washingtonpost.com/business/2022/08/21/quiet-quitting-what-to-know/

Print Friendly, PDF & Email

4 réflexions au sujet de « Quand « démission » devient synonyme de « travail sans excès »… »

  1. Très intéressant! Je crois qu’il est vraiment important de savoir quand dire non. Parfois, le strict nécessaire peut être assez stressant.

  2. True, words impact the way we perceive things. Working from home during the Covid pandemic affected people’s decision making, they now tend to prioritize their personal life.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *