Déprime post-lecture : Après la lecture, le mauvais temps…

405 mots – Temps de lecture estimé : 2 minutes

La page vide à la fin d’un livre nargue les lecteurs passionnés, et éveille la nostalgie enfouie en eux. Ce sentiment désagréable a un nom : la déprime post-lecture.

Plus rien ne sortira du sac de Mary Poppins. Pour Hercule Poirot, l’affaire est classée. Darcy et Elizabeth n’ont plus ni Orgueil, ni Préjugés. Le tout, parce qu’un livre arrive à sa fin !

Quand il est question de livres, les avis diffèrent. Certaines personnes n’aiment pas lire, tout court. D’autres apprécient le réconfort d’une fin triste. (D’ailleurs, si vous vous demandez « pourquoi » ce genre de livre les intéresse, plus besoin de vous poser la question !) Puis, viennent ceux qui les fuient comme la peste, pour éviter, justement, d’être tristes. À leur surprise, le contraire se produit.

Ce n’est que récemment que j’ai su pourquoi un livre à fin heureuse me rend nostalgique. Accueillez avec moi…la « déprime post-lecture » ou « post-book blues ». Les victimes de ce phénomène ? Les lecteurs passionnés.

Que se passe- t- il avant la déprime post-lecture ?

Chapitre 1 : Il vous met l’eau à la bouche

Vous n’avez qu’une seule mission : arriver à la quatrième de couverture.

Chapitre 2 : Vous tutoyez déjà les personnages

Un lien se crée entre vous, et vous succombez à ce trop-plein d’émotions par lequel passent les protagonistes.

Chapitre 3 : Ça y est, leur quête est la vôtre !

Leur histoire est toute tracée, mais vous avez le pouvoir de la faire avancer en passant à la page suivante, et vous en profitez bien !

Chapitre final : La déprime pointe le bout de son nez

Vous lisez plus lentement. Vous commencez par ressentir un vide. S’en suit une sensation de perte. Le fil qui vous lie à l’histoire, aux personnages, à ce monde imaginaire dont vous êtes l’unique illustrateur, est rompu. Vous perdez surtout le réconfort trouvé dans ce livre, et essayez de le remplacer par un autre. Et le cycle recommence !

Ce n’est pas pour autant qu’il faut laisser tomber la lecture. Comparez ce phénomène aux sentiments que vous ressentez en écoutant une chanson. Vous trouvez peut-être votre bonheur dans les chansons tristes et nostalgiques, ou vous préférez, au contraire, danser sur le tempo. Après les dernières notes, vous vous sentez vidés. Néanmoins, vous n’arrêtez pas d’écouter en boucle vos musiques préférées. Il en est de même pour les livres !

Lire, déprimer pour une heure, puis se rappeler du bonheur que nous procure un livre. Cela en vaut le coup, vous ne trouvez pas ?

31 réflexions au sujet de « Déprime post-lecture : Après la lecture, le mauvais temps… »

  1. Je comprends parfaitement ce sentiment de déprime post-lecture. C’est comme si l’on vivait intensément dans la peau des protagonistes, partageant leurs joies, leurs peines et leurs luttes. Une fois le livre refermé, il est parfois difficile de se détacher de cet univers, de ces personnages qui ont occupé notre esprit. J’avoue qu’il me faut souvent quelques jours pour m’en libérer, pour laisser ces émotions s’estomper doucement avant de pouvoir pleinement revenir à la réalité. Un véritable voyage émotionnel dont on ne revient pas toujours indemne.

    1. Merci d’avoir partagé cela avec nous. Je suis complètement d’accord ; je ressens parfois le besoin de prendre une pause, le temps d’apprécier le livre que je viens de finir, et toutes les émotions qu’il suscite.

  2. The hardest part is when the feeling persists until we find a book or a song that is good enough compared to the one that touched us.

  3. En tant que dévoreuse de livres, ce genre de déprime ne m’épargne point. Il faut pourtant comprendre la raison pour laquelle cette tristesse accompagne la clôture-lecture (un terme que je viens de créer) ; perso, je crois que tous ces sentiments m’inspirent à écrire mes propres péripéties car, en fin de compte, les romans nourrissent l’esprit imaginatif à travers, bien entendu, l’imagination !

    1. Merci d’avoir partagé ton point de vue ! Je t’encourage vivement à donner libre cours à ton imagination, et à exprimer tes pensées et émotions par écrit !

  4. Ton article est écrit avec passion et cela se voit dès la première phrase ! La simplicité du contexte qui est la fois plein de messages encourage le lecteur à poursuivre la lecture et peut-être à commencer à lire un livre de son choix ! Je t’encourage à écrire plus d’articles car tu as une belle plume.

  5. Endings are always harsh, even harsher for good book. The upside, in my opinion, is the new outlook you gain, how you approach new situations differently. A strong “post-deprime” insinuates a crucial lesson learned. Great passage!

  6. I never experienced this feeling throughout books, but I definitely went through it at the end of a series or a movie I loved watching.

  7. Je trouve que c’est exactement ce vide et cette nostalgie qui mesurent l’importance et l’impact de ce livre, cette chanson, cette série, … (la liste est longue), ce qui s’applique aussi aux évènements de notre vie. C’est trop souvent la fin qui nous fait comprendre à quel point on appréciait le chemin. Très beau message.

  8. La manière dont tu expliques cette « déprime post-lecture » donne presque envie de la vivre, tant ton écriture rend ce phénomène familier et même réconfortant. Bravo pour ce texte sincère et profond, il résonne avec tout lecteur passionné. Je suis sûre que beaucoup s’y retrouveront !

      1. Personnellement, je ressens très souvent cette déprime et souvent cela m’empêche de commencer des livres car je sais déjà que j’aurais ce sentiment de vide et surtout de mélancolie une fois le livre terminé. C’est encore plus vrai à la fin d’une saga de livres mais pas que, même au milieu d’un livre lorsque je vois que je m’approche trop de la fin. Souvent commence alors un reading slump, mais c’est le cycle auquel je me suis habituée en tant que lectrice. Ainsi pour moi, l’histoire se fait ressentir au-delà des pages, rappelant la puissance des livres à influencer notre état d’esprit.

        1. C’est toujours désagréable de voir qu’on s’approche de la dernière page. Je n’ai jamais lu de saga pour savoir ce que ça fait d’arriver au dernier livre. Cela dit, je peux bien imaginer que si un seul livre laisse un vide une fois terminé, une saga multiplie ce sentiment… par le nombre de tomes… Merci d’avoir partagé cela avec nous !

  9. Il est intéressant de savoir enfin le nom de ce que je ressens à chaque fois que je finis un livre. Je me rappelle d’un roman qui m’a fait ressentir la déprime post-lecture : « Et soudain tout change » écrit par Gilles Legardinier. En effet, c’était l’un des premiers livres auxquels je me suis tellement attachée. Il est vrai que ce roman a marqué le début d’un cycle de déprime post-lecture mais j’ai appris à aimer et apprécier la fin d’une histoire car, après chaque fin, un nouveau début surgit.

    1. Merci d’avoir partagé ton expérience ! Ça me fait plaisir de savoir que ce sentiment est chose courante à laquelle on peut (presque) tous s’identifier. C’est fascinant de voir à quel point un livre peut marquer. Et c’est tout à fait comme tu le décris : plus je lis, plus j’apprends également à apprécier la fin d’un livre !

  10. J’ai bien aimé le blog surtout la métaphore ; comme une chanson, un livre touche puis laisse un silence. Une belle manière d’exprimer la mélancolie qui suit la dernière page.

    1. Je suis ravie que le billet t’ait plu ! Tu as visé en plein dans le mille en évoquant le « silence ». C’est exactement ce que ça fait de fermer un livre. J’aime le voir comme un « silence significatif ».

    1. Exactly! I gave books as an example, but the thing is, like you said, after every ending, there is literally – and figuratively- another Chapter waiting for us.

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