Jeune diplômée

Au nom des jeunes diplômés !

Tout étudiant, bientôt diplômé, se met à la recherche d’un emploi qui répond à ses ambitions. Bien que les offres soient nombreuses, elles exigent souvent beaucoup d’années d’expérience mettant ainsi à l’écart les jeunes diplômés.

Cher potentiel employeur,

Je vous ai envoyé mon CV et ma lettre de motivation en réponse à votre offre d’emploi. Les avez-vous reçus ? J’ai lu attentivement les qualifications demandées dans la description du poste que vous proposez et je suis sans aucun doute la traductrice qu’il vous faut.

Je ne peux pas prétendre avoir le nombre d’années d’expérience que vous exigez. Cependant, j’ai à mon actif plusieurs stages et projets de traduction dans une multitude de domaines. Notons aussi l’importance de la formation académique que j’ai reçue pendant les cinq années passées à l’ETIB. Cette formation m’a appris à m’adapter facilement aux exigences du marché et à mettre en œuvre mes compétences afin de développer davantage mon parcours professionnel.

Je suis consciente du fait que mon statut de débutante vous effraye comme la plupart des employeurs qui craignent d’entacher l’image de leur entreprise en engageant de jeunes diplômés. Mais voici ce que j’aimerais vous dire :

Si personne n’accepte de prendre sous son aile un jeune diplômé en quête d’expérience, comment espérez-vous voir ce jeune, qui a durement travaillé pour obtenir son diplôme, sortir de ce cercle vicieux et s’épanouir au sein du métier qu’il a choisi ?

Si les recruteurs n’accordent pas la moindre chance aux jeunes de faire leurs preuves, comment voulez-vous qu’ils arrivent à décrocher leur premier emploi ?

N’oubliez surtout pas que les jeunes diplômés sont avides de connaissances et jouissent d’une capacité d’adaptation et d’une facilité à apprendre de leurs propres expériences, ce qui est certes un atout pour toute entreprise. 

Tout en espérant que cet appel sera entendu, je vous prie d’agréer, cher potentiel employeur, l’expression de mes sentiments dépités.

Une diplômée qui ne veut pas devenir une chômeuse

Jordanie : Un salaire pour les étudiants sans ressources

Une initiative lancée par l’université jordanienne Mutah permet aux étudiants défavorisés de travailler et d’étudier en même temps. Pour venir en aide à ces étudiants, l’université Mutah offre des emplois au sein du campus, ce qui développe un sens de responsabilité et d’appartenance.

Un jour tout a basculé pour Hicham, un étudiant jordanien à la Faculté des Lettres de l’université Mutah dans la ville de Karak en Jordanie (située à 150 km de la capitale). Ayant perdu son père, Hicham était à la merci de ses oncles ou des associations caritatives…jusqu’au jour où il est tombé sur une annonce qui s’adresse aux étudiants qui ont des difficultés à payer leurs frais de scolarité et les incite à consulter le doyen des affaires étudiantes afin d’obtenir un travail… à condition de prouver qu’ils ne disposent pas de ressources financières suffisantes pour poursuivre leurs études.

Hicham a eu la chance de trouver du travail dans un endroit qu’il aime : la bibliothèque de l’université, où il passait déjà  le plus clair de son temps. Hicham affirme que l’horaire de la bibliothèque est flexible et compatible avec les cours qu’il suit. Il ajoute que son salaire suffit à couvrir les frais de scolarité et de transport tout en lui permettant aussi de déjeuner à la cafétéria, chose auparavant impossible.

Bonsoir... Vous venez de trouver un cours de DEUG dans notre pizza...

Bonsoir… Vous venez de trouver un cours de DEUG dans notre pizza…

 

Le doyen des affaires étudiantes à l’université Mutah, le docteur Sulaiman Al-Srayra, considère que cette idée a pour objectif de fournir aux étudiants démunis une aide tout en leur offrant des possibilités de travail.

350 étudiants travaillent grâce à ce programme et des tâches administratives et académiques leur sont confiées. À noter que l’université Mutah compte actuellement un total de 22 mille étudiants et a accueilli cette année six mille nouveaux étudiants.

Ce programme développe un sens de responsabilité envers l’université et évite tout sentiment d’embarras chez les étudiants puisqu’ils obtiennent un salaire et non pas « une aide ». Il les prépare aussi à la vie professionnelle car ils occupent bien leur temps et profitent entièrement de l’expérience universitaire. Ce programme développe enfin leur sentiment d’appartenance national et leur sens de la solidarité. Un exemple à suivre ?

ماهر الشوابكة. « جامعة مؤتة الأردنية تشغّل طلابها ليسددوا أقساطهم »، في جريدة الحياة، ٨ كانون الأول ٢٠١٣،

http://alhayat.com/Details/580041