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Mosaïk : l’étoile émerge de la toile numérique

Notre blog vient de fêter ses 3 ans et il a désormais, à son actif, 100 billets publiés. Voilà donc deux événements qui me poussent à rédiger le billet ci-dessous. Ces événements reflètent le succès de notre blog-vedette qui émerge telle une étoile de l’océan non pas cosmique, mais numérique.

Selon la science de la symbolique des chiffres, 100 égale 1. Il suffit juste d’additionner les chiffres d’un nombre pour enfin aboutir à un seul chiffre. Et à chaque chiffre sa signification. Voilà pourquoi le 100 équivaut à 1.

Cent billets équivalent donc à une singularité. Singularité, d’emblée, au sens littéraire : Mosaïk, comme la plupart des blogs, partage des billets autour d’un thème précis. La singularité de Mosaïk ? Elle se manifeste sans doute par le travail passionnant qui dépasse le cadre universitaire : nous écrivons les billets pour avoir de bonnes notes, certes, mais nous le faisons aussi par amour. Une note, une matière, c’est momentané, c’est délimité dans un cursus et dans la salle de cours. C’est limité dans espace et temps précis. Sauf que ces billets naissent d’une motivation qui dépasse l’espace universitaire pour toucher à un espace plus vaste, sans limites, et infini. Autrement dit, nos billets sont le fruit d’un travail de jouissance. Nous ne faisons ni des comptes d’épicier ni d’échange commercial. Nous donnons et créons ces billets par amour de l’écriture. Et car nous aimons aussi réfléchir sur la discipline de la traduction et des langues qui est non seulement une formation universitaire et un métier mais aussi un art inépuisable. Par conséquent, notre rapport à la traduction demeure non seulement cérébral et scientifique, mais aussi affectif et artistique.

Même dans une mosaïque cosmologique, il y a des étoiles qui brillent plus que d’autres…

Même dans une mosaïque cosmologique, il y a des étoiles qui brillent plus que d’autres…

Revenons à la singularité[1] de Mosaïk, mais cette fois-ci au sens astrophysique du terme, où toutes les forces, les énergies et le travail s’accumulent et se densifient en un noyau qui éclate en créant un univers de mots, pour créer des dizaines de billets, et pour créer enfin un espace étoilé qui doit briller et illuminer le trajet des esprits flottants, amateurs soient-ils ou professionnels, de traduction.

À la fin, le « nous » que nous utilisons ne reflète pas le narcissisme et les prétentions intellectuelles – loin de là ! Il s’agit seulement du « nous » de la collectivité et de l’union qui cherchent toujours le fin du fin, l’UN et la singularité essentielle de la traduction.

[1] En astrophysique, la singularité désigne le noyau essentiel qui se trouve au cœur d’un trou noir. Elle permet à ce dernier de grandir. Et le trou noir, à son tour, s’explose en donnant naissance soit à une infinité d’étoiles soit à un système cosmique tel que l’univers.

Une Libanaise à Shenyang

Oubliez toutes les idées reçues et tous les stéréotypes que vous avez sur la Chine. Il est temps de vous lancer dans une aventure pas comme les autres, choquante mais gratifiante. 

Vous vous faites bousculer par 8 millions d’habitants qui veulent à tout prix passer avant vous, crachent par terre, hurlent, klaxonnent, et risquent de vous écraser lorsque vous traversez la rue. Telle est l’une des facettes de la vie à Shenyang, une ville située au nord-est de la Chine où vous êtes accueillis par un vent glacial transperçant la brume densément polluée.

Les Chinois sont très curieux et enthousiastes à l’idée de rencontrer des étrangers. Cet enthousiasme cède parfois la place à la fascination. Vous êtes suivis, pointés du doigt, observés. Vous avez même l’impression d’être une Star lorsqu’ils vous poursuivent pour prendre une photo avec vous. Plus surprenant, les sites touristiques, fidèle reflet de la civilisation chinoise, servent de lieux de sieste.

 

Comme dans une boîte de sardines!

Comme dans une boîte de sardines !

Peu de Chinois parlent l’anglais : 10% selon The Economist. Mais, cela ne les empêche pas d’engager une conversation avec les étrangers voire de leur venir en aide lorsqu’ils en ont besoin.

Tout cela a de quoi choquer une étudiante comme moi, ayant étudié le chinois pendant trois ans et ayant décidé d’expérimenter une immersion totale dans la culture chinoise grâce à une bourse de six mois obtenue de l’Institut Confucius de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.

J’avais cru que je n’allais pas être aussi dépaysée sachant que j’avais déjà connu un premier choc dans ma vie. Née et élevée aux Emirats Arabes Unis, j’avais déjà vécu l’expérience de quitter un pays pour un autre, de quitter Abou Dhabi pour entamer mes études universitaires à Beyrouth. Ma nouvelle vie à Beyrouth était difficile au départ puisque je venais d’un environnement cosmopolite où les gens sont disciplinés, les rues sont bien entretenues et tout est bien « organisé ».

Un deuxième choc m’attendait bel et bien à Shenyang même si j’étais mentalement prête à tout.  Cependant, je me suis rapidement adaptée à la culture chinoise, au chaos, à la nourriture, etc.. Comment ? Vous le saurez dans mon prochain billet. D’ici-là, n’hésitez pas à partager avec moi toute expérience similaire.

Subtitles … A Bittersweet Experience

Who among us, whether a translator or not, has not said to himself: “Well, I could’ve done a better translation.”  Subtitling mistakes are so common that they have become legendary among translators and movie fans alike.

[Mind your language ]

[Mind your language ]

80 errors throughout one film!

This could be very annoying to viewers. Many of them reported that bad subtitles are very distracting sometimes. One audience member ounce counted at least 80 errors throughout a movie he watched and said: “Aside from a lot of mistranslations, the subtitles failed to show the original feel of the movie.” In such cases, you cannot but doubt the professionalism of the translator.

Lost in translation : Left side or the past of leave !

Lost in translation : Left side or the past of leave!

 Lost in too much translation

Mistranslations lead to a failure in transmitting the feel of the movie such as puns, jokes, idioms and homophones. However, detecting subtitling mistakes could be an extremely funny and entertaining task, only if you understand the original language of the movie. Men are organizing trips to the moon, we are on our way to finding a cure for cancer, but still, Arabic subtitles translate the word “nuts” literally instead of transmitting its intended meaning, which is “crazy”. This mistake has become very common to Arab viewers, specifically Lebanese ones, that they cannot help but laugh every time they stumble across this word.

Why in the world can’t we get Arabic subtitles with good quality?

Subtitling is not an easy job and it is not very well paid in relation to the difficulty and responsibility entailed, therefore you rarely find qualified translators working as subtitlers. In fact, subtitling wages reflect the attitude of employers towards subtitling as a profession and they have no problem hiring anyone to accomplish this task.

It is not like we are dismantling atoms, the solution is more simple than that!  Higher fees, good working conditions and more realistic deadlines for better subtitles.

140 characters really make a change!

Forget what you’ve learnt at school, forget what your professors told you in those long lectures during which you struggled not to fall asleep on your desk. It’s time to wake up, say more and type less.

 

Every war has its weapons.. Words do speak louder than actions.

Every war has its weapons.. Words do speak louder than actions.

 

 

Never in our lives did we think that 140 characters can motivate people, change mentalities and overthrow governments. Never in our lives did we think that a social media outlet like Twitter can change the way we write and actually teach us to summarize our thoughts and go straight to the point. But it has.

Twitter revolutionized our writing style to fit into that little box and taught us that more is not necessarily better. Many claim that today’s communication weakened words, reduced them to vowel-less words, turned our “love” into “luv” and our “classrms” into boring, old-fashioned learning sources. Grammar teachers look away because there’s no denying that sacrificing a couple of vowels led to revolutions unlike any in the history of the Arab world. These 140 characters allowed normal people like you and I to become the voice of youth and to work as reporters on the ground, they broke the psychological barrier of fear by helping many to connect and share information. It has given most people in the Arab world the knowledge that they are not alone.

At first, as a translator I couldn’t help but fringe at the sight of missing words and incomplete sentences, but with time I’ve seen the light. The wheel of time will keep turning no matter how much we try to hold on to what our grammar teachers taught us, the time has come to let go.

Embrace those 140 characters, learn to adjust, say more and type less!

Tunisia-tweet

When people cover news better than news agencies…

L’infidélité conjugale face à l’infidélité traductionnelle

Leur père à une nuance près !

Leur père à une nuance près !

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, « adulte » n’a rien à voir avec « adultère », tout comme « hypertraduction » et « mot à mot » n’ont rien à voir avec une « bonne  traduction ».

Rien n’empoisonne les relations conjugales plus que la monotonie. Quand l’un des conjoints se trouve absorbé par sa vie professionnelle et accablé par les vicissitudes de la vie, il commence à négliger son couple et ses devoirs conjugaux. La morosité s’installe. La créativité part en fumée et l’originalité disparaît à tir d’ailes. En traduction, ce phénomène est flagrant. Il s’exprime par le mot à mot dégradant. Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour condamner la traduction mot à mot : une traduction souvent incorrecte et presque toujours plate, une traduction qui trahit aussi sûrement le texte que les infidélités les plus désinvoltes.

Quand la vie devient morose, l’infidélité est au rendez-vous. L’infidélité s’installe quand un homme délaisse sa femme et commence à fantasmer en recherchant d’autres déesses. Une à une, les infidélités commencent à s’accumuler. Le conjoint infidèle s’adonne aux aventures extraconjugales avec une constance forcenée, nonobstant la morale qui blâme tant l’infidélité que la culpabilité qui succède aux écarts conjugaux. Après le mot à mot intolérable, on finit par constater les méfaits de l’excès opposé : la terreur du mot à mot, l’hypertraduction. Quand l’expression calque exactement le texte source, le traducteur insatisfait préfèrera l’expression dont la forme est la plus éloignée du texte cible.

Une bonne traduction est égale à une bonne vie de couple entre le traducteur et le texte, loin du mot à mot et de l’hypertraduction. Si l’on désire sauver son couple, la manière la plus adéquate de traduire est celle de conserver la couleur du style de l’auteur qu’on traduit. On peut joindre l’élégance à la fidélité la plus scrupuleuse, conserver une allure libre et dégagée sans néanmoins s’écarter du texte. C’est ainsi que les meilleures traductions puisent incontestablement leur mérite dans une scrupuleuse fidélité.

Quoi qu’il en soit, que ce soit dans un couple ou dans une traduction, l’amour est primordial et c’est dans ce sens que l’on peut dire que « où il y a de l’amour, il y a de la fidélité » (proverbe danois).